La lutte, l’espoir

Il était une fois des lycéennes et des lycéens qui se plaignaient. Manque de profs, locaux insalubres, mal isolés, mal chauffés. Manque de perspectives.

Il y avait aussi des salarié·es, les parents des premiers peut-être, mécontents de leurs conditions de vie et de travail : salaires en berne, précarité, vie chère, services publics en grande souffrance.

Il y avait aussi les grands-parents, retraité·es maltraités après des années de labeur parfois pénible à qui l’on disait que la retraite est bien trop élevée à 1200 ou 2000 euros.

Il y avait encore les demandeurs d’emploi et les “bénéficiaires” des minima sociaux à qui on veut baisser les indemnités ou diviser par deux la prime de Noël.

Pour se faire entendre, ils ont décidé de battre le pavé des rues du pays, ces rues où ils se rassemblent joyeusement. La lutte rend optimiste, on le sait. Ils y ont trouvé blindés, canons à eau, CRS par milliers masqués, armurés, robocopisés, grenades et LBD en bandoulière…

Et l’on a vu des actes de pillages émailler des manifestations pacifiques au point que l’on ne parlait plus des lycéens… Alors les écrans se sont couverts d’une pluie de fer, de feu, d’acier, de sang et de propos xénophobes, racistes, islamophobes avec, en chefs d’orchestre, des politiciens de droite et d’extrême

droite, et des journalistes qui n’étaient pas en reste…
Provocations, violences, répression policière. Jusqu’à la tuerie de Trappes par un pro nazi ou à ces agressions de manifestants par l’extrême droite sous l’œil impassible des policiers. Instaurer un climat de peur plutôt que d’apporter des réponses aux urgences sociales, telle est la stratégie de ce gouvernement en fin de vie…

Ainsi, en même temps qu’il recevait les syndicats lycéens et étudiants, il soumettait au Parlement la loi casseurs-payeurs qui permettra, suprême infamie, de sanctionner des manifestants qui n’ont rien commis !

Quant aux annonces faites, si les syndicats lycéens et étudiants les saluent comme une première avancée, ils jugent ces concessions encore loin du compte. “Nous ne lâcherons rien, nous serons massivement dans la rue ce samedi 31 octobre et aux côtés des travailleuses et travailleurs le jeudi 5 novembre”, annoncent-ils. La lutte pour gagner leurs légitimes revendications.

C’est aussi par la lutte que l’on gagnera les augmentations de salaires et de pensions indispensables pour vivre dans de bonnes conditions. C’est par la lutte que l’on gagnera les budgets pour nos services publics et pour notre Sécurité sociale. La lutte rend optimiste. Elle porte espoir et dignité.

Richard Vaillant