17 octobre, 800 000 manifestants. Au soir d’une mobilisation exceptionnelle, les caméras des télés, privées et publiques malheureusement, sont braquées sur les casseurs, les «factieux, issus des groupuscules de l’ultra-gauche» pour reprendre les éléments de langage utilisés à la fois par l’Élysée-Matignon, la droite extrême et l’extrême droite. L’histoire de notre pays est émaillée de réactions d’un pouvoir à bout de souffle, un pouvoir qui a plongé notre pays dans une crise globale : sociale, environnementale, économique, politique… Et qui tente de s’en sortir avec la peur et des menaces…
S’il n’est pas question ici de justifier si peu que ce soit les pillages et dégradations de toutes sortes c o m m i s e s e n m a r g e d e s manifestations, il convient de mesurer l’utilisation qui en est faite pour discréditer un mouvement social marqué par le pacifisme, la détermination et l’enthousiasme, regroupant des forces manifestement heureuses de se retrouver au coude-à coude dans les rues de nos villes. Lycéens, étudiants, Gilets jaunes, salariés et retraités unis contre le bilan de 10 ans de macronisme. L’allocution du président de la République, le 17 octobre au soir, n’a rien arrangé, loin de là. Elle est marquée du sceau du mépris de classe, d’une aversion crasse pour la jeunesse et les retraités, si l’on en juge par les dispositions prises à leur encontre dans le projet de budget 2027.
Égal à lui-même, Macron n’a eu que l’espoir du pourrissement du mouvement social à offrir. Rien à annoncer sur les salaires, les retraites, la lutte contre la vie chère ou les moyens des services publics. Il va y avoir rapidement un retour à
la réalité. Avec les budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027, le Gouvernement veut encore faire payer les salarié·es, les retraité·es et les malades, plutôt que les grandes entreprises et les ultra-riches. Et qui peut penser que l’autoritarisme et les violences policières peuvent altérer en quoi que ce soit les colères et conduire ceux qui subissent les violences à baisser les bras?
C’est tout le sens de l’appel à l’action lancé par les syndicats CGT, CFDT,FO, Unsa et FSU pour le 5 novembre. Contre la casse sociale, contre un projet de budget qui va peser lourdement sur nos droits et nos vies. Public, privé, jeunes, salariés, retraités et chômeurs “tous ensemble” pour gagner !
Richard Vaillant
