Glyphosate, acétamipride, cadmium, Pfas…

Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom, écrivait Allain Leprest. On pourrait chanter les noms des pesticides sur cet air là. Et pourtant que la pub fut belle et engageante. Pfas, cadmium ! Alors on s’on est servi, on les a utilisés dans nos champs, nos jardins, jusque dans les cuisines et les salles de bains : poêles antiadhésives, cosmétiques, emballages, vêtements imperméables. Et dans notre pain quotidien et le chocolat des enfants et des enfants de nos enfants…

Et certaines résistent au temps. Par exemple, les Pfas pour lesquels nous avons, dans un récent courrier, alerté la préfète de Haute- Marne. Leur temps de décomposition leur a valu le nom de « polluants éternels ». Ils présentent des risques considérables pour la santé et l’environnement… Ou le cadmium présent naturellement dans les sols, mais dont la concentration augmente avec l’utilisation d’engrais phosphatés en agriculture. Il pénètre ensuite dans les végétaux, puis dans la chaîne alimentaire. Pain, biscuits, céréales, pâtes, et jusque dans les pommes de terre…

Certes, comme le rappelle Générations futures, concernant les Pfas après trois ans d’évaluation scientifique, des recommandations d’experts vont servir de base aux travaux de la Commission européenne pour la rédaction d’une proposition finale de restriction. On notera toutefois que la France est absente de cette proposition qui a été élaborée par les experts du Danemark, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Norvège et de la Suède. Malheureusement, on parle aussi d’exceptions… La lutte n’est donc pas terminée.

Pendant que des scientifiques, des États, des ONG, des citoyens s’inquiètent de cette accumulation de pollution dans notre air, notre terre, dans l’eau et de ses conséquences sur notre santé, certains continuent à jouer les docteur Folamour de l’environnement. On en a eu un aperçu avec la venue du sénateur Duplomb à Colombey-les- deux-Églises. Nous avons eu droit à toutes les fausses informations qui circulent autour de l’acétamipride, tueur d’abeilles, avéré toxique pour les humains, que la loi Duplomb veut réintroduire.

Les lobbies de l’agro-industrie, avec à leur tête les responsables de la FNSEA, dépensent sans compter pour nous faire croire que ces pesticides seraient autre chose que du poison… La lutte ne fait que commencer, nous la devons à nos enfants…

Richard Vaillant