PFAS : l’ONU accuse la France

Après les scandales de l’amiante, du plomb ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS. Cinq rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’homme de l’ONU viennent d’interpeler la France sur la pollution aux PFAS dans la Vallée de la chimie, au sud de Lyon, évoquant depossibles violations des droits humains et accordent soixante jours aux parties concernées pour s’expliquer.

Ils reprochent à l’État français d’avoir eu connaissance depuis environ quinze ans de la présence de PFAS dans l’environnement et d’avoir attendu 2022 pour prendre des mesures concrètes pour protéger la population. L’inaction des gouvernements successifs est mise en cause, ce qui pourrait ouvrir la voie à d’autres actions en justice pour mise en danger d’autrui et écocide.

La première fois que les Nations Unies dénoncent la gestion des PFAS par la France


Les analyses sanguines des riverains de ces industries de la chimie démontrent des niveaux élevés de concentration en polluant éternels qui s’accumulent, avec le temps, dans l’air, le sol, l’eau des rivières, la nourriture et ont des effets catastrophiques sur la santé. C’est la première fois en France que des représentants des Nations Unies dénoncent la gestion des PFAS, mais aussi la première fois que l’État est officiellement incriminé. Le territoire français compterait 108 zones contaminées aux PFAS.


Les interpellations de L’ONU sur ce scandale nous confortent dans nos demandes de transparence concernant les boues de papeterie épandues en Haute-Marne. La réponse de la préfecture, que nous avons publiée la semaine dernière, ne nous a pas rassurés. Il est temps de réagir et vite avant que nous ne subissions le même sort que les riverains de la Vallée de la chimie ou les habitants des villages des Ardennes et de la Meuse.
Les résultats des nouvelles études demandées par la Préfecture, dans les meilleurs délais, doivent être, sûrs, véridiques, précis et accessibles à toutes et
tous. L’épandage des boues contenant des PFAS doit être interdit dans les meilleurs délais, également.

Marie-Rose Patelli