À propos du Signe…

On ne peut manquer de s’interroger sur la politique de la nouvelle municipalité en direction des différentes structures culturelles et en particulier du Signe, Centre national du graphisme. Il y a eu la séquence élection d’un nouveau président au CA, comme si cette volonté de « réappropriation (du Signe) par les Chaumontais », répétée comme un slogan usé, passait nécessairement par un changement de gouvernance.

Pourtant, sous la houlette de l’équipe dirigée par Jean-Michel Géridan, le Signe n’est pas resté un simple musée (ce qui est déjà beaucoup si l’on pense aux expos et au travail que représente la conservation de milliers d’affiches), mais un lieu de création, de spectacles, de débats, de réflexion sur les arts graphiques, avec une attention particulière en direction des jeunes, des scolaires et des étudiants en art graphique, et une biennale, moment où Chaumont retrouve sa jeunesse, évènement qui résonne aux plans national et international.

Et puis, il y a cette deuxième phase qu’on appellera « l’affaire des 23 000 euros ». Le choix fait par la nouvelle municipalité de réduire cette année encore de 23 000 euros la dotation au Signe est, comme l’écrit l’Affranchi, un bien mauvais signal envoyé aux partenaires financiers (l’État, la Région), mais aussi aux personnels, aux graphistes et plus largement au monde des arts et de la culture. Cela nous rappelle que lorsqu’il s’agit d’appliquer des mesures d’austérité aux budgets des collectivités territoriales, c’est souvent la culture qui trinque.

À Chaumont, cette décision de la nouvelle municipalité apparaît comme une mesure arbitraire, incompréhensible et vexatoire, au point qu’on peut s’interroger sur ce qui pousse la nouvelle majorité à s’acharner contre un Centre national dont la présence et le travail participent pleinement au
rayonnement de la ville. Doit-on à tout bout de champ rappeler le bilan tout à faitexceptionnel réalisé avec une dotation en baisse alors que la logique et une politique culturelle bien comprise voudraient qu’elle progresse au rythme de l’inflation. Peut-on demander au Signe de faire plus en direction des Chaumontais tout en réduisant ses moyens ?

Ces petites entailles dans le budget d’un service public de la culture sont loin d’être anodines. Elles sont comme les germes d’une privatisation qui ne veut pas dire son nom. Si les subventions continuent à baisser devra-t-on un jour s’acquitter d’un droit d’entrée pour les expos ?

Veut-on installer une vision verticale, utilitaire de la culture, une mainmise de la municipalité sur le fonctionnement du Signe ? C’est un signal très inquiétant pour les structures culturelles locales.

Et puis les choix faits en matière budgétaire à Chaumont comme à Paris ne manquent pas d’étonner. Par exemple, lorsqu’on réduit le budget de la culture et que l’on donne sans compter pour renforcer une police municipale dont on s’interroge encore sur son utilité…

Richard Vaillant