La culture , enjeu incontournable des municipales
Lors de l’inauguration de son local de campagne, le RN a tenté de parler subrepticement de culture, non pas en apportant son soutien aux associations qui œuvrent pour elle avec principalement des bénévoles, mais en décrivant Chaumont comme une ville pauvre culturellement, avec les clichés habituels du RN, culture élitiste – trop subventionnée – voire inutile – faites du sport, comme si sport et culture pouvaient être antagonistes. On connaît le sort réservé à la culture dans les villes gérées par le RN.
Le PCF qui, dans un communiqué apporte son soutien à la liste White, doute de l’utilité de Palestra ou du Signe jugés trop onéreux. Ce sont sans doute ces deux objets que le RN nomme mastodontes locaux en matière de sport et de culture. Les associer ainsi sous le terme d’utilité relève de l’approximation, leur gestion, leur objet social et culturel ne sont pas comparables. Parler d’utilité n’apporte un débat que gestionnaire, nécessaire certes mais restrictif quand on évoque la culture dans un contexte d’élections municipales.
La ville de Chaumont n’est pas gestionnaire de ces deux entités, même si elle est concernée par le biais de subventions. Palestra est géré par l’Agglo avec une délégation de service public au privé pour la partie aquatique. Palestra coûte cher et une partie de la population en est exclue du fait du tarif des entrées à la piscine. La halle de sport est principalement dévolue aux matchs de volley de l’équipe du CVB 52 dont le haut niveau est un facteur d’attractivité, de développement éducatif et sportif, voire économique.
Le Signe est dans une tout autre posture. Centre d’art contemporain dédié au design graphique, il conserve un fond de plus de 45 000 affiches anciennes et contemporaines. Inscrit dans l’histoire culturelle chaumontaise par le biais de la collection d’affiches de Gustave Dutailly, il est dans le paysage du service public, porté par des subventions de l’Etat, de la Région et de la ville de Chaumont. Il organise expos, ateliers pour enfants, conférences et évènements, avec, ce qui ne gâte rien, une disponibilité et un accueil remarquables.
Dans une ville qui se pose la question des formations supérieures pour attirer des étudiants, le Signe a motivé et contribue à l’existence d’une licence professionnelle Graphisme, Edition et Typographie et d’un Diplôme Supérieur d’Art Appliqué design graphique et médiation culturelle au Lycée Charles de Gaulle. La Biennale internationale est un évènement phare du graphisme dans le monde. C’est un temps fort pour Chaumont qui reçoit lors de l’inauguration une nuée cosmopolite de jeunes.
Il est un peu singulier de lire le PCF local douter d’un tel établissement, porté par le service public, alors que l’importance de la culture, objet d’émancipation, de développement personnel était un des chevaux de bataille de ce parti.
On est devant une contradiction que les prétendants à nos suffrages doivent aborder avec sérieux. Chaumont, ville pauvre, vieillissante, en baisse démographique subventionne, à des degrés divers, deux structures qui contribuent à améliorer son rayonnement, approcher la jeunesse, offrir à la population des sujets d’épanouissement. Et s’il y a une exigence à faire valoir, ne serait-ce pas le retour de Palestra aquatique dans le giron du service public ?
Louis Laprade
