Les générations qui se succèdent ont foi dans les progrès techniques pour réduire la pénibilité, augmenter la productivité, réduire la misère, améliorer la santé, stimuler la créativité. On court après des innovations qui sont rattrapées par d’autres innovations, elles-mêmes dépassées, puis d’autres innovations encore et toujours, aidées pour se développer par le matraquage marketing. Et tout cela sert, avant tout, à améliorer les profits et le pouvoir d’une minorité décidant pour tout le monde de ce qui est bien.
Cette course sans fin, avec ses succès indéniables, présente malheureusement des angles morts passés au tamis d’une supposée ringardise. Ceux-là deviennent de plus en plus problématiques et nous exposent aujourd’hui à des risques existentiels.
Le progrès grâce aux énergies fossiles ?
Le progrès grâce à l’agro-industrie ?
Le progrès grâce aux urbanisations forcenées ?
Le progrès grâce au tourisme sans frein ? Le progrès grâce aux plastiques et aux pfas ?
Le progrès grâce au développement des emplois précaires ?
Le progrès qui consomme toujours plus d’énergie ?
Le progrès qui conduit à l’étourdissante amplification des inégalités sociales locales, nationales et mondiales et au désastre environnemental ?
Le progrès des réseaux sociaux qui aliènent maintenant nos facultés d’empathie sociale et nos intelligences humaines ?
Et, bien sûr, la solution à tous ces périls serait encore et toujours le progrès technique.
Le fameux technosolutionnisme, mantra de toutes les droites réactionnaires, reste la solution illusoire de ceux qui n’en ont aucune et n’ont surtout pas envie de regarder en face les défaillances de cette fuite en avant.
Loïs Darien
