Hécatombe dans les élevages intensifs

La canicule de ces derniers jours, qui a généré de nombreux drames humains, a aussi touché les animaux dans les élevages intensifs. En ce mois de juin torride, volailles et porcs sont morts en masse dans des élevages industriels.

Plus d’un million de poulets de chair ont succombé à l’épisode caniculaire. Parqués dans des hangars, entassés à 22 par mètre carré, suffocant dans des chaleurs qu’ils ne peuvent pas supporter, les poulets subissent de plein fouet la canicule.

Dans certains élevages, jusqu’à 10 000 poulets sont morts en une seule nuit malgré les brumisateurs. Les pompiers ont même arrosé des bâtiments pour tenter de les refroidir. Des centaines de fermes- usines sont touchées. Les services de l’État demeurent discrets à ce sujet, tandis que les services d’équarrissage, responsables de l’incinération des animaux, sont d’ores et déjà totalement saturés, notamment en Bretagne, en Normandie et dans les Pays-de- la-Loire.

Les cadavres s’entassent dans les élevages et, face à l’afflux de carcasses, les autorités bretonnes autorisent, à titre exceptionnel, l’enfouissement des animaux morts sur les parcelles des éleveurs. Cette hécatombe confirme que l’élevage intensif est une aberration écologique et sanitaire qui engendre de la souffrance animale.

Mais le gouvernement veut le développer. Le projet de loi d’urgence agricole, actuellement débattu au Sénat, prévoit de construire en France 2 200 nouveaux poulaillers intensifs sur dix ans, pouvant contenir jusqu’à 85 000 poulets. 100 poulaillers de cette taille sont prévus en Grand- Est, dont 10 en Haute-Marne.

De plus, la réglementation concernant ce type d’élevage est de moins en moins contraignante, l’État renonçant à des études environnementales locales pourtant primordiales (sols, nappes phréatiques…).

C’est ce que souligne le recours contre le projet de poulailler industriel à Châteauvillain.

À quand la prise en compte du changement climatique par la Préfète de Haute- Marne qui ne peut ignorer ce qui se passe dans ce type d’élevage agro-industriel. À quand des arrêtés préfectoraux interdisant l’élevage industriel, en particulier dans un parc national ? Face aux canicules à répétition, un modèle d’élevage paysan, avec des poulets en plein air, est la seule solution. Sinon l’hécatombe n’est pas près de s’arrêter.

Marie-Rose Patelli