Une usine à poulet dans le parc national ?

Châteauvillain

Le parc national a bien rendu un avis défavorable et argumenté au projet de poulailler de 38 500 volatiles à Châteauvillain. Or l’arrêté préfectoral du 29 mai considère qu’il n’a formulé aucune opposition à ce sujet. Pourtant le directeur du parc national, lui, considère ce projet incompatible avec les orientations de la charte du parc et s’inquiète des conséquences de l’épandage qui peut polluer les sols, des impacts sur les paysages et la ressource en eau.

Et justement, alors que nous entrons dans une ère de de canicule et de sécheresse à répétition, un arrêté préfectoral de vigilance sécheresse, daté du 9 juin, vient d’être publié.

La préfète rappelle que cette phase de vigilance a pour objectif de préserver les ressources en eau et d’éviter le recours à des mesures plus contraignantes concernant l’arrosage des jardins, le remplissage des piscines ou encore le lavage des véhicules. Ces restrictions s’appliqueront-elles à la future usine à poulets ?

C’est sur le réseau public qu’elle va s’approvisionner pour abreuver les animaux, pour les opérations de nettoyage qui nécessitent énormément d’eau et pour alimenter les brumisateurs car les volailles sont très sensibles à la chaleur. Ce projet est une aberration écologique dans un parc national.

À quoi a servi la consultation du public

À quoi a servi la consultation du public quand les remarques formulées dans le registre en mairie, adressées à la préfecture, ou exprimées dans la pétition qui a recueilli 2943 signatures, ne sont pas prises en compte. Qui décide aujourd’hui de l’implantation d’un tel élevage qui va à l’encontre de la protection de l’environnement, de la santé publique, du bien-être animal et des ressources en eau ? Est-ce la FNSEA, fournisseur d’aliment Nealia pour ces poulets ? Une entreprise qui appartient au groupe Avril, présidé par Arnaud Rousseau qui est aussi à la tête de la FNSEA.

Cet arrêté consacre un passage en force accordé par la préfecture. Tout cela pour offrir dans le commerce un mauvais poulet à trois euros le kilo, gonflé en 40 jours jusqu’à atteindre le poids requis pour les bénéfices de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire.

Marie-Rose Patelli