Le conseil municipal du 28 mai, (l’affranchi n°1647) a cautionné le projet de garantie d’emprunt à la SCI Le Terminus initié par la précédente municipalité. Ce projet, démarré en 2024, concerne la transformation de l’ancien hôtel Terminus en établissement de luxe Kyriad 4 étoiles. Il est porté par Urbaneo, promoteur immobilier régional, qui se présente comme « un acteur majeur dans la construction de programmes immobiliers (…), 25 ans d’expérience ».
Chaumont aurait besoin d’un hôtel de luxe pour asseoir son attractivité ! La garantie porte sur 50% d’un emprunt de 5,8 millions d’euros pendant 20 ans. Des cadeaux ont déjà été faits par la cession d’une emprise foncière de 27m2 pour 970 euros (la véranda sur le domaine public) et la mise à disposition à raison de 1020 euros mensuels pour 30 ans de 34 places du parking communal devant les Silos pour créer un parking privatif, soit 30 euros par place et par mois. Une misère !
Que Kyriad veuille s’installer sur Chaumont pour développer son offre d’hôtellerie, soit, mais la garantie d’emprunt par la ville pose question. Il est rare que des villes s’engagent ainsi dans des projets privés et commerciaux. Généralement, cela porte sur des opérations d’intérêt public ou avec des bailleurs sociaux, comportant un retour pour la politique sociale de la commune, le logement, des infrastructures communes. Chaumont est une ville pauvre, nous avons vu la semaine dernière comment la dotation de solidarité urbaine portait sur des besoins non couverts et pas toujours sur les quartiers prioritaires. Dans le même temps, des associations sociales voient leurs moyens diminuer.
On comprend mal. Le projet est présenté comme solide, prudent et le maire valide cette analyse, tout en disant prendre un risque. Les promoteurs et Kyriad sont confiants et ont les moyens financiers de le porter, alors pourquoi accepter une telle demande qui, sauf erreur de notre part, va coûter à la ville des provisions annuelles pendant 20 ans, peut être récupérables à terme. Est-ce une priorité, d’autant que d’autres garanties sont déjà en cours ?
Que le secteur privé, qui a de gros moyens, développe ses projets, soit, mais ne tombons pas dans le piège qui gangrène la France d’utiliser les fonds publics pour générer des profits et des patrimoines privés sans retour pour la collectivité. La théorie du ruissellement, chère à Macron et évoquée au sujet de ce projet, est depuis longtemps obsolète. Les intérêts du privé rejoignent rarement ceux du public.
Louis Laprade
