La jeunesse emmerde le FN…

On entend beaucoup dans les manifestations de la jeunesse ce célèbre refrain de la fin des années 80, issu du répertoire des Bérurier Noir.

Au-delà du caractère potache du slogan, on sent bien la crainte et le défi que nous lance la nouvelle génération qui n’a pas l’intention de se laisser voler son avenir par le parti de la haine, de la violence, du recul des droits.

Elle ne se laisse pas berner par l’argument fallacieux brandi par les soutiens du clan Le Pen : « on n’a pas essayé ».

Mais bien sûr que si, on a essayé, dans les années 40 avec la collaboration, dans la guerre d’indépendance de l’Algérie et toutes les luttes de décolonisation de l’empire français, dans les luttes syndicales et étudiantes à partir des années 60, dans les multiples dérapages idéologiques, éthiques des années 80, 90 et 2000.

On a essayé dans les villes gérées par des élus RN qui multiplient les provocations policières, les coupes claires dans les budgets sociaux et culturels, ne prenant aucune initiative novatrice, se satisfaisant du plus pur conservatisme crasse en attendant d’avoir les coudées franches en cas de victoire nationale.

On a essayé au Parlement européen où les élus RN se font remarquer par leur absentéisme, leur capacité à détourner l’argent des contribuables, à voter contre la protection environnementale, leur proximité avec l’envahisseur russe ou israélien et toutes les oligarchies, à soutenir le Brexit.

On a essayé à l’Assemblée nationale, où ils votent contre les droits des femmes, contre la venue des médecins dans les déserts médicaux, contre les lois de protection de la jeunesse, contre les budgets de la culture et de l’éducation nationale, contre la protection de l’environnement.

On a essayé leur vision de la culture et de l’information avec CNEWS, Europe 1, le JDD, Frontières.
On a aussi essayé partout dans le monde avec Trump, Orban, Milei, Bolsonaro, Netanyahou. Un désastre politique qui ne vise que le profit des clans au pouvoir et maintenir une tension exacerbée entre les peuples pour leur permettre de poursuivre leur prédation.

La jeunesse nous rappelle avec détermination à notre responsabilité collective dans ce moment gravissime.

Loïs Darien