La rentrée 2026 s’annonce particulièrement difficile, et les retraités sont une fois de plus dans le viseur du gouvernement. Alors, affirmer que nous avons la chance de vivre dans un département où les prix des supermarchés sont parmi les plus bas, c’est oublier que les pensions y sont aussi très basses et que les retraités subissent, comme tout le monde, toutes les hausses de prix.
Rappelons que la pension moyenne y est de 1335 euros et bien inférieure à 1000 euros pour de nombreuses femmes. Dans notre département rural où la voiture est indispensable faute de transports collectifs, un carburant à plus de 2 euros le litre pèse lourdement dans le budget, tout comme la facture d’électricité qui ne cesse d’augmenter, celle du gaz qui prend + 5,4 % et du fioul qui avoisine les 1,80 euro le litre. Remplir sa cuve avant l’hiver est aujourd’hui impossible. Pour beaucoup de retraités, l’alimentation devient malheureusement une variable d’ajustement, et certains sont contraints de recourir à l’aide alimentaire.
Alors que les besoins en soins augmentent avec l’âge, le gouvernement dérembourse des médicaments, augmente la participation des assurés pour les transports sanitaires et les soins dentaires, et prévoit une hausse des franchises médicales. C’est un nouveau transfert des dépenses vers les complémentaires santé, des cotisations qui augmentent, quand 1,6 million de retraités ne peuvent déjà plus se permettre d’en avoir une.
La retraite n’est pas une faveur, c’est un droit
Le gouvernement considère les retraités comme une charge qu’il faudrait réduire. Il entend encore nous appauvrir en gelant ou en désindexant nos pensions de l’inflation, en supprimant la majoration accordée aux pères de trois enfants et plus. Il reparle aussi de la suppression de l’abattement fiscal de 10 %.
La retraite n’est pas une faveur qui nous est accordée, c’est un droit social que nous avons acquis par le travail et les cotisations. L’argent est à chercher ailleurs, en rétablissant l’impôt sur la fortune, en taxant davantage les plus hauts patrimoines et les grandes fortunes, et en mettant fin aux centaines de milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux grandes entreprises, sans contrôle.
Face à cette offensive, les retraités ne resteront pas silencieux. Ils seront aux côtés des agents du service public le 29 septembre pour défendre leur pouvoir d’achat, leurs pensions et l’ensemble des services publics. Lorsque les services de santé reculent, lorsque les écoles, les bureaux de poste, les transports et les services de proximité disparaissent, c’est toute la société qui est fragilisée. Le 29 septembre, nous porterons ensemble notre refus de payer leur crise.
Marie-Rose Patelli
