Avec l’appui du ministre de la justice Gérald Darmanin, Rachida Dati, mise en examen et bientôt jugée pour corruption et trafic d’influence, s’apprête à réintégrer le corps des magistrats.
Il faut tout de même que notre régime républicain soit tombé bien bas pour qu’une telle éventualité soit concevable. Voilà finalement à quoi nous a mené la macronie.
Le pourrissement a commencé avec la nomination d’une pléthore de ministres ayant des comptes sérieux à rendre à la justice. Puis sont arrivées les mesures contraires à l’esprit démocratique, des passages en force de lois pourtant rejetées par une majorité de la population. Et avec ça, la répression, sans précédent sous la Ve République, de manifestations populaires.
Rachida Dati aujourd’hui est un peu la cerise sur le gâteau empoisonné.
Un mépris sans borne des institutions et des citoyens
Il faut avoir un mépris sans borne des institutions et des citoyens pour vouloir placer sur un poste de magistrat quelqu’un qui a tant de casseroles judiciaires (Renault- Nissan, GDF Suez, bijoux non-déclarés…).
Le ministère répond que l’intéressée s’était mise en disponibilité, qu’elle est toujours présumée innocente et qu’elle a bien le droit de vouloir réintégrer son corps d’origine. Mais elle n’a été magistrate que pendant 4 ans et son dernier poste date d’il y a 23 ans. Pas sûr que toutes les conditions aient été respectées durant toute cette période. Elle est par ailleurs toujours maire du 7e arrondissement de Paris. Qu’y avait-il de si urgent à vouloir la nommer quelques jours seulement avant son procès ? Qui plus est sur un poste prestigieux que d’autres personnes beaucoup plus méritantes avaient demandé !
Heureusement, avant de la nommer (avec la signature de Macron), le ministre doit demander l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. Et ce dernier a fait savoir qu’il n’examinerait la question qu’en octobre ; soit après la tenue du procès.
L’avis est obligatoire mais seulement consultatif et, tant qu’elle ne sera pas définitivement condamnée, Rachida Dati pourra toujours faire valoir la présomption d’innocence. Darmanin osera-t-il passer outre un éventuel avis défavorable et l’exposition de faits graves devant le tribunal ? Il est certain en tout cas qu’il se moque de l’image qu’il va encore donner de la justice, ainsi que du message qu’il envoie aux magistrats intègres.
On comprend aussi que, si ce nouveau doigt d’honneur adressé à la République devait faire encore monter le Rassemblement national, il en serait beaucoup moins chagriné que nous.
Lionel Thomassin

