Maire ou contremaître ?

Nous avons tous vécu, dans notre service ou atelier, la venue d’un nouveau chef ou contremaître prétendant tout révolutionner. Celui-là ne connaissait pas grand- chose à la spécialité dans laquelle il débarquait, mais ça ne l’empêchait pas de vouloir expliquer à chacun comment il devait travailler. De sorte qu’il apportait évidemment beaucoup plus de problèmes que de solutions.

Ainsi nous semble fonctionner une partie de la nouvelle municipalité et de la gouvernance de l’Agglo.

Nous nous contenterons d’évoquer ici le cas du volley, mais la remarque vaut semble-t-il aussi pour le Signe (n’est-ce pas Louis ?).

Donc, à peine en place, nos chefs ont réécrit la convention liant le Chaumont- Volley-Ball 52 Haute-Marne à l’Agglo. Un vrai catalogue ! On ne compte plus les interventions que les joueurs doivent effectuer, tout au long de la saison, aux quatre coins du territoire (centres de loisirs, animations vacances, écoles, gymnases…). A tel point qu’on en vient à se demander s’il est prévu que ces professionnels prennent le temps de s’entraîner dans leur salle.

Il ne faudrait pas oublier que si ces athlètes présentent un intérêt, c’est parce qu’ils ont des performances hors normes. Or, pour y arriver, ils doivent travailler quotidiennement pour atteindre le plus haut niveau possible, individuellement et collectivement. Mais encore faut-il qu’on leur laisse les moyens d’y parvenir.

En réalité, le CVB participe déjà à de très nombreuses animations auprès des jeunes, sans toujours le faire savoir. Le contraindre dans un cadre rigide lui permettra-t-il d’agir toujours avec la même qualité ? Prendre acte de ce qu’il fait et l’accompagner ne serait-il pas plus productif et intelligent ?

L’Agglo exige par ailleurs que le club offre 750 places aux jeunes et leurs parents. Pourquoi pas ? Mais en réalité le CVB en donne beaucoup plus. Il invite régulièrement des lycées, des collèges, des associations, etc. Simplement, il se débrouille pour les accueillir lorsque la salle n’est pas trop remplie. Lui imposer une opération gratuité un jour de forte affluence ne ferait que l’impacter négativement.

Pour en revenir à notre contremaître, s’il est resté borné, imposant des contraintes nouvelles et inutiles sans augmentations de salaires, il aura simplement réussi à dégrader la qualité du travail.

Lionel Thomassin