L’extractivisme, c’est la voracité et l’inconscience. Il en faut assurément pour extraire des matières premières partout dans le monde, les faire transiter sur les océans dans des bateaux gigantesques, les transformer en produits dispensables dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre et les distribuer le plus vite possible, partout, tout le temps.
Cette obsession broie les femmes, les hommes, les enfants, qui sont en début de chaîne, dans les mines et les usines, mais aussi les fourmis de la distribution et du service… un scénario qui met le monde sur les braises.
Les capitalistes ne rêvent que dérégulations sociales et environnementales en consommant toujours plus de matières premières, d’énergies fossiles, de nucléaire… Pour eux, la sobriété, la vraie lutte contre le réchauffement climatique est le cauchemar absolu.
L’Europe de Strasbourg, dans ses imperfections, est un des cénacles où certains tentent de brider ces folies destructrices et prédatrices planétaires. Mais…
Qui pour voter systématiquement contre les tentatives de freiner ces courses suicidaires au profit des plus riches et à l’exploitation des plus pauvres ?
Qui pour ne pas lutter efficacement contre le réchauffement planétaire ?
Qui pour pousser sur les voies de l’émigration les populations jeunes et désespérées fuyant des pays devenus inhabitables ?
Qui pour rejeter à la mer ces victimes de la sauvagerie capitaliste ?
Qui en réalité est le principal pourvoyeur de l’émigration qu’ils dénoncent et qui est leur honteux réservoir de succès électoraux ?
Qui pour faire reculer les services publics ?
Qui ? Il suffit de regarder les votes de ces forces rétrogrades et conservatrices, militants identitaires aux passions tristes qui emmènent le monde dans la bouilloire globale.
On commence à entrevoir ce que donne un pays dans lequel il fait trop chaud : les maisons qui se dégradent et s’effondrent sous les fissures des terres trop sèches, les rendements agricoles qui dégringolent en même temps que la biodiversité, l’eau polluée et rationnée, les incendies meurtriers, les populations fragiles qui souffrent, l’espérance de vie en bonne santé qui recule, les injustices sociales qui se creusent.
Que feront nos jeunes dans ces conditions, iront-ils rejoindre la cohorte des migrations irrationnelles en demandant à l’IA où aller ?
Démasquons ces dangereux pyromanes, c’est réellement une question existentielle.
Loïs Darien
