Les éborgneurs de la République et leurs maîtres…

Le soir du 30 mai, après la victoire du PSG en finale de la coupe des champions, partout en France la population est descendue dans la rue pour exprimer sa joie. Pas toute la population, mais beaucoup de monde assurément. Des jeunes en majorité, mais pas seulement. Bien plus de monde peut-être que pour la défense des retraites ou pour protester contre un génocide en cours. On peut le regretter, mais c’est ainsi.

Les autorités politiques et médiatiques sont très favorables à ces mobilisations populaires qu’elles encouragent généreusement. “Du pain et des jeux” ce n’est pas nouveau. Et s’il n’y a plus assez de pain, il y aura toujours des jeux.

La liesse populaire, d’autant qu’elle est en l’occurrence massive, s’accompagne inévitablement d’incidents. Ça ne date pas d’hier non plus. Mais les fins de 14 juillet dans nos campagnes ne sont- elles pas, elles aussi, parfois agitées ?

Est-ce une raison pour tirer dans le tas ?

Donc « y’a de la joie », bien sûr, mais inévitablement il y a aussi des sottises, et des gens qui picolent (paraît-il) et même parfois aussi des excités qui en profitent pour casser une vitrine ou un abribus.

Est-ce une raison pour tirer dans le tas ?

Le soir du 30 mai, les forces dites de l’ordre ont tiré près de 2000 cartouches de LBD et au moins 4 personnes auront perdu un œil. Elles ont 43, 26, 14 et 13 ans et elles n’étaient pas impliquées dans les « débordements ».

Il faut qu’on nous explique ce qui peut justifier la mutilation à vie d’un enfant de 13 ans.

La réalité, c’est qu’il existe une police républicaine et une autre au service des possédants et de leurs serviteurs néofascistes. Afin de lever les derniers obstacles à la répression policière, le secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale a proposé, sur Europe 1, tout simplement de changer la Constitution.

A.Fellner