Le grand mouvement de révolte des lycéens porte en lui un espoir inouï, celui de remettre au goût du jour notre concept républicain de fraternité.
Fraternité entre les classes sociales, les quartiers, les différents territoires, les enseignants, les parents d’élèves. Leur demande de solidarité et d’égalité des chances est un combat que beaucoup d’adultes ont abandonné et cela les choque.
Leurs demandes de moyens sont évidemment très présentes, mais les pouvoirs publics ne peuvent s’arrêter à ces légitimes doléances, car les inégalités sociales sont tellement criantes que nos jeunes sentent bien que cela détruit le contrat social de notre république et de notre démocratie.
Comment tolérer, au seuil de la vie adulte, le triste spectacle de tels écarts de moyens, d’attention, d’implication selon le quartier, la ville où ils sont scolarisés. A cet âge empreint d’idéalisme, les filtres sociaux n’ont pas encore rabougri l’âme et ils expriment avec sincérité ce qui devrait révolter tout un chacun.
Une classe dégradée, surchargée, avec des professeurs absents non remplacés, dans un quartier paupérisé, n’emmènera pas les élèves vers l’émancipation, et ne peut conduire qu’à exacerber la fracturation de notre pays. A 17 ans, on le comprend parfaitement.
La solidarité exprimée dans ces manifestations est une formidable leçon républicaine. Et cela rend d’autant plus obscènes les violences policières.
Loïs Darien
