Le cadeau empoisonné

La vie qui s’est développée sur notre planète terre, dans les océans, est une invraisemblable suite de succès évolutifs que des générations de scientifiques travaillent encore à décrypter.
On n’a pas fini de s’émerveiller de cet épanouissement spectaculaire du vivant dans lequel nous évoluons, ses écosystèmes, les merveilles de la nature.
Des cadeaux partout, à toutes les saisons, sous toutes les latitudes, sur terre, sous terre, au fond des rivières et des océans, des ressources qui paraissent inépuisables, que nous consommons, consommons, consommons.

Parmi ces cadeaux, nous avons fini par découvrir le summum : le pétrole.

Une ressource abondante, bon marché, puissante, facilement transportable, transformée en millions d’applications commodes.
Le cadeau de la nature pour nos civilisations autocentrées, avides de progrès techniques clinquants, de loisirs et de conforts superfétatoires, de dominations coupables.
Nous sommes tellement accrochés à cette drogue que nous fourgue le capitalisme autodestructeur, que nous n’avons pas accordé crédit à la science qui est en alerte rouge depuis plus de 50 ans.


C’est, en effet, le même schéma que la drogue : des producteurs et des dealers qui s’enrichissent, des consommateurs qui kiffent mais ruent dans les brancards si on les carence, préférant en reprendre une dose avant que ce ne soit la dernière, trouvant toutes les excuses pour ne pas se sevrer.
La nature nous gâte au quotidien : la lumière, l’eau, l’air que l’on respire, les cycles des jours et des saisons, une vie végétale et animale inouïe.
Et le pétrole, fruit d’un processus long de millions d’années, que nous avons gaspillé comme des goinfres en quelques décennies.


Le capitalisme, son système écocidaire mangeur d’avenir, ses soutiens qui ont promu sans relâche ses supposées vertus indispensables, sont en équilibre sur des montagnes de barils de pétrole, comme des barons de la drogue sur des collines de crack. Le poison était dans la dose de ce merveilleux cadeau.


Loïs Darien