La chasse aux pauvres

Comment ne pas être interpellé par la répétition à quelques jours d’intervalle de titres choc du Jhm dénonçant les fraudes commises aux dépens de la Caisse d’allocations familiales puis de la Caisse primaire d’assurance maladie : « Trois allocataires de la CAF condamnés pour fraude » puis « Face à la fraude la CPAM intensifie ses actions «.

Comme le signalait le journal des retraités dans son article du 23 mai, les fraudeurs avérés ne représentent que 0,4% des allocataires de la CAF alors que dans le même temps un grand nombre de personnes ne bénéficient pas des allocations auxquelles elles auraient droit parce qu’elles n’en font pas la demande.

Le second titre, lui, s’abstient de désigner les auteurs de la fraude. Seule la lecture attentive de l’article révèle que 91% du montant des fraudes à la CPAM sont imputables aux professionnels de santé, aux établissements de santé et aux employeurs. Les assurés n’en seraient comptables que pour 9%.

La sécurité sociale et les caisses d’allocations familiales ont été créées au lendemain de la dernière guerre à partir des travaux du Conseil National de la Résistance. Depuis leur création, elles ont toujours été l’objet d’attaques du patronat et des forces politiques le représentant. Ces dernières années, les attaques ont redoublé et le discours réactionnaire ne cesse de dénoncer les soi-disant abus et fraudes des assurés et allocataires.

La réalité est tout autre et, si fraude il y a, ses auteurs ne sont pas ceux qui sont montrés du doigt.

A. Fellner