Démographie en chute libre, vieillissement de la population, déserts médicaux, la Haute-Marne se porte mal. La santé des Haut-marnais ne va guère mieux. C’est en substance ce que nous dit le dernier rapport de l’ARS que l’Affranchi a décortiqué dans son édition du 7 mai dernier.
Les chiffres ont de quoi inquiéter. On apprend qu’il y a désormais plus de personnes de plus de 65 ans que de moins de vingt ans. Un point de bascule, nous précise l’hebdomadaire : dans un territoire rural comme le nôtre, cela signifie davantage de maladies chroniques, des besoins accrus en suivi médical, une demande de soins qui augmente pendant que les moyens diminuent. Ce qui conduit presque inexorablement à une mortalité prématurée très au-dessus de la moyenne nationale et de celle de la région Grand Est. Cela parle aux retraité·es et aux personnes âgées lorsqu’il s’agit de se faire soigner ou d’aller aux urgences…
Ne feignons pas la surprise. Lors de l’action syndicale unitaire que nous avons menée contre les déserts médicaux, la plupart de ces questions ont été abordées dans les discussions que nous avions avec les pouvoirs publics, les maires, l’Ordre des médecins ou l’ARS. On nous écoute poliment, parfois on opine du bonnet, parfois même on jure ses grands dieux qu’on va faire quelque chose… et la situation continue à se dégrader.
La Haute-Marne est malade de la politique ultra libérale des gouvernements successifs relayée par des élus locaux
L’Affranchi résume : entre le diagnostic et les réponses, l’écart interpelle. Cette situation bien spécifique devrait, pour le moins, déclencher inquiétudes et affolement dans le monde politique et économique local et conduire l’ARS à construire un plan d’urgence à la mesure du désastre que vivent les Haut-Marnais en matière de santé.
Rien de tout cela. L’ARS est aux abonnés absents. Einstein disait : « Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre ». L’ARS porte, en effet, une très lourde responsabilité dans le bilan santé départemental catastrophique, en appliquant au millimètre la politique d’austérité hospitalière gouvernementale… Moins de budget, moins de lits, moins de personnels, pas de mesure pertinente pour s’attaquer à la désertification médicale. Au contraire, l’affaire Rolampont nous a permis de constater le jeu dangereux joué par l’ARS. Plutôt que de satisfaire à la revendication de deux hôpitaux de plein exercice à Langres et à Chaumont, solution indispensable pour faire face aux problèmes que vit un département rural comme le nôtre, elle a préféré laisser s’exacerber les oppositions entre sud et centre Haute-Marne avec un objectif bien arrêté : tailler une fois de plus dans l’offre de soins…
Nous avions dénoncé cette politique au moment de la création des nouvelles régions et de la mise en œuvre de la loi NOTRe. Des régions où des départements sont laissés pour compte, des régions qui vont à l’encontre d’un développement territorial harmonieux. La Haute-Marne va mal en matière de santé (mais pas que…), elle est malade de la politique ultra libérale des gouvernements successifs relayée par des élus locaux qui font parfois même de la surenchère.
Il est donc urgent de stopper ces politiques meurtrières par des actions unitaires et rassembleuses. Notre syndicat y est prêt…
Richard VAILLANT
