Pertes d’emplois : le tissu associatif s’effiloche.

En trois ans, le monde associatif a perdu plus de 3 milliards d’euros de subventions. Et comme ses comptes sont, par essence, toujours tendus, les répercussions sur ses activités suivent immédiatement.
Médiapart nous apprend qu’en 2025 les associations françaises ont perdu 12 305 emplois (données de l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire). Ce chiffre impressionnant qui, dans n’importe quel autre domaine, aurait fait la une de la presse, est passé quasiment inaperçu. Et c’est loin d’être fini ! Une enquête auprès de plus de 4 300 associations employeuses de tout le pays montre que 80 % d’entre-elles envisagent encore des suppressions de postes.

La catastrophe est annoncée !..

L’explication la plus communément avancée est que, en proie à des budgets de plus en plus contraints, les collectivités rognent sur le soutien aux activités extérieures afin de se concentrer sur leurs compétences propres. Mais c’est négliger la part éminemment politique de cette dégradation.
Dans un monde de plus en plus polarisé, le rôle social des associations est primordial. On a bien vu les dégâts du soit-disant «non-essentiel» de la période Covid… Or, qui passe son temps à déligitimer et attaquer le secteur associatif ? L’extrême droite et, dans son sillage, la droite.

Le caritatif, l’économie solidaire, l’éducation populaire… mais aussi la culture font partie de leurs cibles favorites ; le prétexte étant à peu près toujours le même.

On se sert d’une anecdote, un petit fait rarement réel, souvent déformé, voire carrément fantasmé, pour généraliser et jeter le discrédit sur toute l’action. De toute façon, celle-ci étant fondamentalement égalitaire, on peut l’imaginer installée à gauche, wokiste certainement, donc la combattre sans scrupule.

La mécanique est à l’œuvre au niveau de l’Etat, de la Région (L’affranchi nous en a donné un exemple encore la semaine dernière), du Département et de la Ville. Surveillez les prochaines déclarations de l’élu RN Cyrille Vedrenne à qui la droite a laissé une place au sein de la commission des solidarités.

Ne nous y trompons pas : la mise à mal des associations a moins à voir avec le marasme économique qu’avec un projet ultra-libéral de transformation de la société.

Lionel Thomassin