Dotation de Solidarité Urbaine : il est urgent d’inverser la tendance

Le compte rendu des actions au titre de la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale (DSUCS) au conseil municipal du 28 mai (3.89 millions en 2025) a de quoi inquiéter et demande des orientations nouvelles à la municipalité. Cette dotation est versée par l’Etat aux communes en difficultés dont les ressources ne permettent pas de couvrir l’ampleur des charges auxquelles elles sont confrontées. C’est le degré de précarité, de misère, de situation sociale de la population de certains quartiers qui définit le montant de cette dotation. Le potentiel financier à la Rochotte et au Cavalier est de 1052 euros par habitant (1401 pour les villes de même strate) et ils cochent toutes les cases : précarité, revenu médian de consommation à la Rochotte inférieur de 36,5% à celui de la population chaumontaise, 31,5% des 15-25 ans ni en études, ni en emploi, ni en formation, nombre de familles monoparentales record, concentration des bénéficiaires du RSA, des demandeurs d’emploi, des bénéficiaires d’APL.

L’Affranchi du 29 mai d’où ces chiffres sont issus a fait écho de ce compte rendu et pose la bonne question : “où passe l’argent ?”. La misère s’enkyste de façon inquiétante surtout à La Rochotte. Les actions principales ont porté sur l’école Joséphine Baker, la rénovation des Silos, Chaumont Plage qui bénéficient pour ces deux dernières à l’ensemble de la population chaumontaise et ne sont pas des objets des quartiers concernés.

Quels sont les moyens en mobilité, en accompagnements pour que les familles, les enfants se les approprient, d’autant que les subventions sociales de 146 843 euros, tirées de la DSUCS, une misère pour la misère, ne donnent pas aux associations les moyens de toucher cette population résignée, et de les accompagner efficacement. On a privilégié des investissements dans des infrastructures certes importantes, mais qui ne sont pas à même, à elles seules, de faire reculer la précarité.

Une évaluation soigneuse des besoins est urgente et pas seulement sur les espaces verts. Il faut aller débusquer sérieusement les jeunes marginalisés. Une présence humaine en nombre suffisant est incontournable et l’utilisation de la dotation de solidarité urbaine à corriger.

Louis Laprade