La canicule s’éloigne (en attendant la prochaine, semble-t-il), l’heure du bilan commence. Les premiers chiffres montrent l’ampleur des ravages qu’elle a causés. Santé publique France (SpF) annonce plus de 1 000 décès supplémentaires, 122 000 interventions de secours à personne. Près de 85 % des décès observés concernent les personnes âgées de 65 ans et plus, selon SpF, qui rappelle également que tous ces chiffres ne sont pas encore consolidés et que les données sont sous-estimées.
Et le gouvernement, comme au bon vieux temps du Covid, s’enferme dans le déni, le mensonge, le mépris. Emmanuel Macron nous explique qu’ “on ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent” et Sébastien Lecornu défend comme il peut son bilan en critiquant les inspecteurs des travaux finis. Entre fanfaronnade et irresponsabilité, ces propos sont tout bonnement indécents.
Les changements climatiques étaient annoncés et la façon dont le gouvernement répond aux nombreuses alertes des scientifiques est criminelle. L’humanité tout entière est en vigilance climatique rouge et les gouvernements au service de l’argent roi, de la rentabilité financière continuent à consulter les cours de la Bourse.
Il faut une bonne dose de cynisme pour se délivrer un autosatisfecit alors que les Françaises et les Français constatent, au jour le jour, l’incurie du pouvoir. Un système de santé sous très forte tension, notamment les hôpitaux, victimes de l’austérité et du manque de moyens humains et matériels. Que savent-ils, ces ministres bien au frais dans leur bureau climatisé, de ceux qui souffrent dans des logements à plus de 30 ou 35 degrés, des personnes âgées seules dans des passoires thermiques, des arbres qui dépérissent, des oiseaux en détresse. Des services publics en cale sèche…
Les caisses sont vides, nous dit-on. Pas d’argent pour financer des politiques de lutte contre les changements climatiques. Pourtant le patrimoine des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises a bondi de 80 à 1 128 milliards d’euros entre 1996 et 2025.
Cette canicule nous montre l’urgence d’agir pour éviter que l’humanité ne sombre dans le chaos climatique. Agir aussi pour que soient prises les mesures de solidarité indispensables envers les personnes isolées et en situation de grande solitude, en ruralité comme en ville. La responsabilité des pouvoirs publics est bel et bien engagée…
Syndicat CGT des retraité·es de Chaumont
Canicule,l’heure du (triste) bilan !
