Le directeur académique des services de l’inspection académique a dévoilé son projet de carte scolaire 2026-2027 discuté le jeudi 2 avril par le CSA-SD, Comité social d’administration spécial départemental !
21 suppressions de classes pour 5 ouvertures, donc 16 fermetures envisagées pour le département. Lorsque l’on lit les arguments qui président à l’élaboration de cette carte scolaire, on se demande avec effarement de quoi l’on parle. On entend ratio, comptage, recomptage, enveloppe budgétaire. C’est du maquignonnage ! A aucun moment on entend parler d’éducation, d’enseignement, de pérennité de projets pédagogiques. L’intérêt de l’élève, de l’enfant (nos petits-enfants) est occulté. L’humain n’a pas sa place. En milieu rural, les efforts des maires pour maintenir l’école, rendre la commune attractive sont ignorés. On jette les enfants dans des transports scolaires fatigants, contraignants, voire dangereux.
La baisse démographique ne peut justifier le nombre de postes d’enseignants supprimés
Le maître-mot est la baisse démographique, une réalité certes, mais quand on regarde dans le détail, la majorité des suppressions concernent des villes, Langres, Saint-Dizier, Chaumont, Joinville et des bourgs importants. Dans ces écoles, la baisse toute relative d’effectifs doit être l’opportunité d’inciter les équipes éducatives à des organisations pédagogiques facilitant les apprentissages pour tous et l’attention à des situations singulières.
La baisse démographique ne peut pas non plus justifier le nombre important de postes d’enseignants supprimés dans des établissements spécialisés accueillant des enfants en situation de handicap. Ces postes sont fondamentaux pour les liens, les regards réciproques, les passerelles entre les différences. Il y a quelques années, la Haute Marne pouvait s’enorgueillir d’une politique scolaire volontariste en matière de handicap. Elle en train d’être bradée et si d’autres besoins doivent être pourvus comme listé dans les créations, ils doivent l’être par des créations de postes.
La place d’un enfant, derrière son pupitre, dans une classe, pour apprendre et grandir devient une valeur d’ajustement à la poursuite de la casse du service public d’enseignement.
Louis Laprade
