Il faut un certain aplomb pour déclarer à propos de l’acétamipride. qu’« aucune étude sérieuse ne montre que l’acétamipride est cancérigène et tueuse d’abeilles ».
C’est pourtant ce mensonge gros comme une maison que le sénateur Duplomb, invité par la FDSEA à Colombeyles-2 Eglises, a osé servir aux Haut-Marnais (Jhm du 12 mars 2026). Plus le mensonge est gros…
Un article signé Alizée Banquise, paru dans l’Affranchi, remet les choses à leur place. D’abord en faisant référence à l’émission « Vrai ou Faux », du 10 mars, dans laquelle la journaliste Armel Balogog, après avoir fait un travail de vérification des propos du sénateur LR, nous apprend (…) : « qu’il existe un tas de risques majeurs pour notre santé et celles de nos enfants ». Ainsi, des résidus de cet insecticide néonicotinoïde ont été trouvés dans le liquide céphalorachidien d’enfants et d’adultes, selon des études suisses et chinoises.
Les liens entre pesticides et cancers sont aujourd’hui avérés
Au Japon, il a été constaté que chez le fœtus, l’acétamipride pouvait provoquer des troubles moteurs et autistiques et des cancers du foie. Pour Philippe Grandcollas, directeur adjoint de l’institut Ecologie et Environnement au CNRS, « les études s’accumulent et les effets de l’acétamipride s’avèrent importants ». Des travaux de recherche ont été effectués sur les abeilles et les souris et font apparaître qu’elle est neurotoxique pour les abeilles et est une cause de cancer du sein chez les souris. L’Agence Européenne de Santé (EFSA) a estimé que l’acétamipride était « toxique en cas d’ingestion » et « susceptible de provoquer le cancer » (…). Stop ou encore ?
Des liens entre pesticides et cancers sont aujourd’hui avérés. Comme le note l’Association Cancer Colère : « Depuis 1990, le nombre de malades du cancer a doublé et les médecins et scientifiques sont catégoriques : les causes de cette épidémie sont environnementales. En laissant aux industriels la possibilité d’utiliser les pesticides hors de tout contrôle sanitaire et scientifique,
l’empoisonnement va s’aggraver : le cancer va nous être imposé. La maladie sera le prix à payer pour une politique agricole qui favorise les multinationales et détruit le métier de paysan·ne.
Comme le rappelle Alizée Banquise, Duplomb agit en parfait lobbyiste ; il se moque des graves conséquences sur la santé comme des immenses souffrances des malades et de leurs familles et de la destruction de la biodiversité pourtant indispensable à notre vie.
Pascal Pruvot
