8 mars : un beau succés

140 personnes réunies, un film émouvant sur le parcours de deux jeunes demandeuses d’asile, sublimé par la présence de Sofiia Malovatska, jeune immigrée ukrainienne, une des actrices du film L’ÉTÉ DE JAHIA, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes organisée par neuf associations et syndicats a connu un franc succès.

L’intervention de Marie-Rose Patelli

Ce 8 mars 2026 a lieu dans un contexte politique terrifiant. Les États- Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l’Iran qui embrase tout le Moyen-Orient. La première bombe a ciblé une école de petites filles et tué plus d’une centaine d’entre elles. Nous sommes solidaires des femmes et fillettes iraniennes, palestiniennes, libanaises, afghanes, syriennes, irakiennes, somaliennes, yéménites, cubaines, vénézuéliennes, ukrainiennes et de toutes nationalités, victimes des bombes et des blocus organisés par des criminels de guerre qui prétendent les libérer, avec la complicité de ceux qui justifient ces crimes par leur allégeance ou leur silence.

En 2023, l’ONU relevait qu’environ 40% des civils tués dans les conflits sont des femmes et 30% des enfants. Les idées d’extrême- droite qui prônent la haine de l’autre, le racisme, la misogynie et stigmatisent les personnes étrangères, en particulier les femmes, progressent en France, comme ailleurs. La place des femmes serait à la maison à s’occuper des enfants. Nous réaffirmons que l’extrême droite est incompatible avec les droits des femmes.

Les lois Retailleau, Darmanin conduisent à des restrictions drastiques des conditions d’accueil des réfugiés. Ce sont des refus de régularisation, de renouvellement de titre de séjour, des remises en cause des APL pour les étudiants étrangers, des obligations de quitter le territoire français (OQTF) systématiques et généralisées, des placements en rétention. Cette politique migratoire est une véritable fabrique de sans-papiers, une atteinte aux droits et à la dignité des personnes étrangères. Nous sommes contre toutes les guerres et contre le fascisme….

Marie-Rose Patelli

Dommage

Pas un seul mot dans l’édition du lundi 9 mars du JHM sur l’initiative des neuf associations et syndicats organisateurs de la journée mais une pleine page concernant l’invitation faite par la Mairie de Chaumont à 50 femmes. Loin de nous l’idée de contester à qui que ce soit le droit d’organiser une manifestation dans le cadre du 8 mars, mais avouons que ce deux poids deux mesures a de quoi agacer.

En premier lieu, le 8 mars a été décrété journée internationale des luttes pour les droits des femmes par l’ONU Femmes. Compte tenu du chemin qu’il reste à parcourir pour les défendre, dénoncer les violences sexuelles et la montée du conservatisme, le rôle des associations féministes, de défense des droits et libertés et des organisations syndicales doit être plus que jamais valorisé.

De plus, ce film qui parle des femmes demandeuses d’asile, celles qui, fuyant les guerres, les persécutions, les régimes fascisants, réactionnaires et colonialistes, entament chaque année un parcours d’exil périlleux, méritait aussi d’être mis en valeur.

Enfin, dimanche au cinéma À l’affiche il y avait 140 personnes présentes, ce qui en fait la plus importante manifestation en nombre de ce 8 mars 2026. Et puis,
comment peut-on passer sous silence, lors du débat qui a suivi le film, la présence lumineuse et émouvante de Sofiia Malovatska, jeune immigrée ukrainienne, qui joue
le rôle de Mila.

Dommage, vraiment…

Richard Vaillant

L’été de Jahia

Olivier Meys, le réalisateur du film L’Eté de Jahia a voulu raconter la violence insoutenable d’une obligation de quitter le territoire pour des familles immigrées très souvent en attente de légalisation depuis plus de 2 ans. Il a voulu ancrer ce film dans la réalité en le tournant dans un centre d’accueil pour réfugiés en Belgique, perdu au milieu des bois, un ancien centre de vacances, loin de la ville et de son activité.

Ces réfugiés vivent dans cette petite bulle, très bucolique, une sorte de Tour de Babel, qui les isole encore plus. Ce qui est frappant dans les centres, dit-il, c’est que tout le monde attend. Chez les adultes, ça se traduit par une tendance à vivre dans le passé, à se raccrocher aux souvenirs, alors que chez les jeunes gens, on constate une volonté d’apprendre la langue du pays d’accueil, de s’intégrer, mais pour autant, leur destin est suspendu….