Budget(s)

Inauguration des locaux de campagne, programmes que l’on commence à dévoiler, maires sortants prêts à repartir, d’autres qui jettent l’éponge, nouvelles candidatures, la campagne des élections municipales est lancée. Il y a même eu un débat sur France 3 qui, il faut l’avouer, nous a laissés sur notre faim…

On aurait pu être étonné, un instant, par certaines listes qui rassemblent pèle-mêle ex-élus de droite, de gauche, de la macronie et du centre, mais en vérité, il s’agit là de l’union de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont décidé de soutenir le budget Lecornu 2026.

Les listes ont donc commencé à dévoiler – très pudiquement – leur programme dans cette ambiance un peu bisounours. Sécurité, services publics, culture, financement des mesures. On n’est pas toujours d’accord sur tout mais qu’importe, dès lors que l’on évite soigneusement (à l’exception de Lutte Ouvrière) toute référence à la politique nationale et internationale.

Pourtant, comment peut-on parler budget communal sans parler budget de l’État 2026 ? Un budget 49.3 de super austérité et d’une cruauté extrême pour les plus pauvres d’entre nous, selon la formule de la députée LFI Mathilde Panot.

Ce budget 2026 impose aux collectivités locales un effort budgétaire disproportionné, estimé à 4,6 milliards d’euros. On imagine facilement ce que cela peut signifier pour notre cité en matière de logement, d’environnement, de gestion des écoles, de culture, d’aide aux associations, et en matière de services publics.

S’enfermer dans les dotations de l’État, qui seront une nouvelle fois en baisse drastique, et promettre de ne pas augmenter les taux d’imposition (ce qui ne signifie pas, précisons-le, que les impôts n’augmenteront pas), c’est de fait pousser des centaines de familles vers la pauvreté et les difficultés pour se nourrir, se chauffer, se loger. Or, une des raisons d’être des communes, n’est-ce pas d’être un lieu de solidarité, de fraternité ?…

Richard Vaillant