50 économistes proposent de geler la dette publique. Parmi les signataires figurent des économistes renommés, chercheurs et universitaires issus notamment du CNRS de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris-Dauphine, Bordeaux, Grenoble ou encore du Conservatoire national des arts et métiers.
Leur proposition : « Mettre la dette au frigo ». Derrière cette formule volontairement provocatrice se cache une question fondamentale, presque évacuée du débat médiatique : pourquoi les Etats devraient-ils être perpétuellement dépendants des marchés financiers internationaux pour se financer ?
Aujourd’hui, la dette publique française atteint environ 3536 milliards d’euros, soit 117,5% du PIB. Une partie de cette dette est pourtant déjà détenue par la Banque Centrale Européenne et la Banque de France. (Médiapart)
Leur idée consiste donc à conserver durablement une partie des dettes publiques dans le bilan de l’Eurosystème, plutôt que de les remettre progressivement sur les marchés spéculatifs. Les banques centrales ont déjà utilisé massivement ce genre d’outils. C’est donc possible si on en a la volonté politique.
Ces économistes proposent également de reconstruire des circuits de financement moins dépendants des marchés financiers : en orientant davantage l’épargne réglementée vers l’investissement public, en imposant aux banques un minimum de détention de titres publics ou en développant un véritable pôle bancaire public capable de financer les collectivités territoriales et la transition écologique.
Cela ne signifie évidemment pas que l’Etat pourrait dépenser sans aucune limite ou que la dette disparaîtrait miraculeusement. C’est précisément là que le débat mérite mieux que quelques ricanements sur les plateaux télé. En face, le RN, via les déclarations publiques de Bardella, est en tête de gondole pour répéter qu’il ne faut pas toucher à la dette publique, pour le plus grand bonheur de ses amis de la finance !
Pascal Pruvot
