Fête de l’agriculture : caricature et inculture

Les agriculteurs formatés FNSEA s’étonnent d’être mal perçus par une bonne partie de la population. Mais il ne peut guère en être autrement lorsqu’ils piétinent allègrement les grandes règles d’équilibre de la nature. Comment voir sous un jour positif ceux qui, au nom de satisfactions immédiates, se moquent d’utiliser des méthodes obérant l’avenir.

La fête de l’agriculture, organisée en Haute-Marne par le Centre des jeunes agriculteurs, en est la plus affligeante des caricatures.

Est-il bien utile d’organiser des jeux d’eau à un moment où la canicule et la sécheresse font tant de ravages ? Est-il sérieux d’aligner, dans plusieurs courses, de vieux véhicules brûlant des carburants particulièrement polluants ?

On nous dira, bien sûr, que ces écarts sont infimes eu égard à la gabegie mondiale. Mais c’est justement avec des raisonnements de ce genre que rien ne pourra changer. Comment ceux qui sont les principales victimes du dérèglement climatique peuvent-ils s’amuser à y participer gratuitement ?

C’est tout simplement parce que, au mépris de l’avenir, et avec l’appui de leurs élus de droite et d’extrême droite, ils se sentent encore à l’abri.

À la tribune, prenant acte des changements et des nécessités d’adaptation, ils n’apportent encore qu’une seule solution tordre toujours plus le bras de la nature. Il faut supprimer les contraintes, utiliser tous les produits polluants possibles et accaparer l’eau. N’importe qui, avec un minimum de culture scientifique, sait qu’il s’agit d’une politique menant droit dans le mur.

Mais, engoncés dans leur déni, indifférents au sort des générations futures, ils foncent en klaxonnant du haut de leurs vieilles «moiss-batt».

Lionel Thomassin