Avec le réchauffement climatique, les catastrophes s’abattent toujours plus sur le pays. Le nombre et la puissance des tempêtes, inondations et incendies s’accroît d’année en année.
Donne-t-on pour autant plus de moyens humains et matériels aux services chargés de nous secourir ? Certainement pas ! Pire : on néglige de renouveler le matériel vieillissant, de sorte qu’en réalité les capacités d’intervention diminuent. Et pire encore : l’an dernier Gabriel Attal (ancien Premier ministre et potentiel candidat à la présidentielle) a signé un décret limitant le budget de la sécurité civile. Il a ainsi annulé la commande de deux avions pour combattre les feux de forêts.
La France possède 12 canadairs (à titre de comparaison, l’Italie en a 18), mais ils sont tellement vieux qu’ils nécessitent toujours d’importants travaux de maintenance. Si bien que fin juillet, au plus fort des incendies, seuls 5 étaient réellement disponibles. C’est le commandant Prats, chef du groupement de Canadair qui le dit. Il a même ajouté sur France Info que leurs interventions ont été particulièrement inefficaces.
La France a pourtant mis au point un système envié de lutte contre les débuts d’incendies de forêts. Le problème, c’est qu’on n’est plus capable de le faire fonctionner. Autrement dit : si on avait disposé des moyens prévus, la plupart des méga-feux de cet été n’auraient pas existé.
Ça n’a pas empêché les membres du gouvernement de déclarer partout qu’il n’y avait eu aucun problème de moyens. C’en était trop pour les pompiers qui se sont mis en grève. Or, devant leurs représentants, en réunion privée, Laurent Nunez a avoué : «Nous, on est aussi des politiques. Moi, je suis aussi ministre de l’intérieur, certes ancien préfet, très haut fonctionnaire dans ma tête, mais je suis aussi un politique. Quand vous avez des opposants qui disent qu’il n’y a pas assez de moyens aériens, c’est normal qu’on ait une posture».
La déclaration a été enregistrée par des syndicalistes et transmise à Médiapart.
Dans les réactions suivantes du gouvernement on a alors pu retrouver un des grands moments de démocratie dont nous a habitué la macronie. En gros : les pomp1iers n’avaient pas le droit d’enregistrer le ministre et Médiapart s’est rendu coupable de recel en utilisant cet enregistrement. Circulez, il n’y a rien à voir !
Face aux enjeux terribles qui se présentent avec urgence à nos sociétés, il serait irresponsable de vouloir faire encore confiance à de pareils guignols.
Lionel Thomassin
