Racisme et pollution : la pire des coupes du monde

Dans beaucoup de domaines, les coupes du monde de football ont été critiquables par le passé. La dernière au Qatar avait atteint des sommets avec, en amont, ses ouvriers étrangers sacrifiés, puis, durant la compétition, ses stades climatisés, formidables émetteurs de gaz à effet de serre.

Cette fois-ci pourtant, on passe encore à une autre dimension. Pas pour la construction, heureusement, puisque les stades existaient déjà, mais sur la pollution et le traitement des étrangers.

Jusqu’ici, quels que soient les régimes des pays organisateurs (et il y en a eu d’affreux !), les principes d’accueil et d’ouverture aux autres ont été respectés. En Argentine, en Russie, par exemple, le temps de la compétition s’est installée une petite parenthèse universaliste. Aux Etats-Unis, Trump vient d’assassiner ce principe fondamental.

En raison de leurs origines, des participants sont tout simplement refoulés aux frontières, y compris arbitre et joueurs. D’autres, qui viennent généralement du sud global, subissent toutes sortes d’humiliations dès leur arrivée. Et puis les supporters de certains pays (les plus pauvres généralement), lorsqu’ils ne sont pas refusés, doivent verser une caution aussi élevée qu’indécente. Certaines délégations n’ont même pas obtenu le quota de places que prévoit pourtant le règlement de la FIFA.

Enfin, pour confirmer cette politique raciste parfaitement assumée, les miliciens de l’ICE ne se privent pas d’aller jusque dans les stades interpeller ceux qu’ils jugent comme étrangers indésirables. Une personne possédant un passeport américain et participant à l’organisation de l’événement en a fait les frais.

Du point de vue de l’environnement, cette coupe du monde est aussi une catastrophe sans précédent.

Rassemblant plus d’équipes et occasionnant donc plus de matchs sur un territoire immense (Mexique, USA et Canada), la compétition va générer des déplacements gigantesques en avion (joueurs, journalistes, supporters…). L’impact est bien documenté dans un article du media national en ligne «L’Info Durable» (1). On estime en fait à 9 millions de tonnes le CO2 rejeté dans l’atmosphère à cette occasion ; soit au moins deux fois plus qu’au Qatar. Force est alors de constater que, contrairement aux objectifs annoncés par la FIFA en 2022 (réduction de moitié en 2030 et neutralité carbone en 2040), rien ne va s’arranger dans le domaine. Les prochaines coupes du monde se dérouleront en 2030 sur trois pays encore (Maroc, Espagne, Portugal) et puis surtout en Arabie Saoudite en 2034.

Lionel Thomassin

(1) L’article est signé par Carla Leick-Voguet