Un poulailler à Chateauvillain ?

Un poulailler industriel de 38 500 volailles de chair doit voir le jour sur la commune de Châteauvillain avec toutes les nuisances bien connues que cela crée : pollution de l’air par l’ammoniac, des sols, des nappes phréatiques et donc de notre eau potable par l’épandage des fientes qui contiennent insecticides, antibiotiques…

Ce sont aussi des milliers de m3 d’eau quand les périodes de « restrictions sécheresses » sont de plus en plus nombreuses. Dans ces élevages, on utilise massivement des antibiotiques pour prévenir et combattre les maladies avec toutes les répercussions que cela engendre sur notre santé. C’est également une abomination pour le bien-être animal. 20 à 22 poulets entassés au m2, abattus à cinq ou six semaines, sans jamais mettre une patte dehors. Direction l’abattoir et, après le nettoyage des locaux, ce sont à nouveau 38 500 poussins qui reviennent pour quelques semaines et ainsi de suite, avec toujours plus de camions sur nos routes pour ces transports. On nous dira que les normes d’élevage sont respectées mais ce n’est pas pour ça qu’elles sont bonnes, on nous dira qu’on importe trop de poulets mais ce n’est pas une raison pour nous faire manger n’importe quoi ! De plus en plus de personnes se préoccupent du contenu de leur assiette. En témoigne le succès grandissant des marchés bio dont celui de « Simone » et de sa cantine avec au menu des produits sains. Nous voulons des fermes dans nos campagnes, des animaux dans les champs, mais pas enfermés dans des hangars.

Le Parc national aurait déjà donné son accord à ce projet, un comble ! La loi Duplomb qui encourage ces fermes-usines a modifié les enquêtes publiques les remplaçant par un simple registre en mairie. À Châteauvillain, ce registre sera ouvert au public du lundi 16 février 2026 au mercredi 18 mars 2026 inclus et consultable sur le site de la préfecture. Pas de ferme-usine ni ici, ni ailleurs, mais un élevage paysan qui privilégie la qualité des produits, le bien-être animal et protège l’environnement.

Marie-Rose Patelli