ADMR : le déni du droit du travail

En 2023, en liquidant l’ADAPAH au profit de l’ADMR, le duo Lacroix-Huard avait fait le choix d’une organisation de l’aide à domicile la moins coûteuse possible en maillant le territoire d’associations de moins de 20 salariés, regroupées dans une fédération, ce qui limitait le montant des cotisations sociales et patronales (Notre journal du 31.05.2024).

Des salarié-es ayant le même employeur, exerçant la même activité professionnelle, rencontrant les mêmes préoccupations professionnelles voire personnelles n’avaient aucune représentation permettant leur expression. Seulement en décembre 2026, le tribunal judiciaire reconnaissait l’existence d’une unité économique et sociale (UES), regroupement en une unité de plusieurs entreprises juridiquement distinctes exigeant la mise en place d’un Comité Social Economique (CSE) commun à toutes les associations ADMR du département.

Le président de l’ADMR, de par son vécu syndical, ne saurait ignorer le droit du travail

Pour rappel, le CSE, instance représentative des personnels joue un rôle dans les domaines économique et professionnel, de la santé, de la sécurité et des conditions de travail, de la gestion des activités sociales et culturelles et bénéficie d’un budget pour mener à bien ses missions. Depuis cette décision, rien n’a bougé du côté des présidents et du conseil départemental et de l’ADMR. Le syndicat CFDT Santé Sociaux de Haute-Marne dénonce cette inertie et le manque de dialogue, proche du délit d’entrave. Pourtant le président de l’ADMR, de par son vécu syndical au sein de cette même CFDT, ne saurait ignorer le droit du travail d’autant qu’il avait lors de son intronisation, fixé entre autres objectifs d’aller vers des avantages aux salariés dans l’esprit de ceux qu’offrent les comités d’entreprise. Nul besoin d‘esprit, la réalité des CSE suffit.

Les conditions de travail à l’ADMR sont particulièrement difficiles. La ruralité nécessite des déplacements fréquents, dangereux, sur les routes accidentogènes du département. Le public accompagné, souvent fragile a besoin de bienveillance, de patience, d’écoute par des professionnels formés, reconnus. A vouloir proposer un service social au rabais, on dégrade les conditions de travail et la qualité de la prestation, digne d’une gestion patronale réactionnaire. Pour l’heure, seul un silence méprisant répond aux demandes des salariés.

La nécessité d’un CSE se saisissant de ses responsabilités est non seulement légale, mais primordiale au sein de l’ADMR 52.

Louis Laprade