Madame la sénatrice Nédélec est en colère, « très en colère », au sujet de la présentation de la carte scolaire 2026-2027 (Jhm du 02/04/26). Mais en colère contre quoi, au juste ?
En colère contre le scandale des suppressions de classes et de postes en Haute-Marne, à Nogent en particulier, qui vont aggraver les conditions d’apprentissage des élèves, l’exercice professionnel des enseignants, l’angoisse des parents (qu’elle soutient au passage) ? En colère contre le fait que le processus de suppression est un message négatif envoyé à toute ambition d’aménagement du territoire, de son attractivité ?
En colère contre quoi ?
Non pas ! Elle est en colère contre le directeur académique des services de l’éducation nationale qui fait le sale boulot, gérant la pénurie avec les moyens et les ordres qu’on lui donne mais qui n’a pas daigné lui transmettre des informations, contre le manque de concertation et d’association des élus.
Diantre ! Sans doute aurait-elle voulu mettre la main à la tambouille des suppressions. Mais elle a la mémoire courte. Avec son homologue du nord du département et les député-es RN, elle a déjà participé : en votant le budget de l’Etat 2026-2027 qui accorde moins de 0,50% d’augmentation pour le premier degré de l’Education nationale, ils et elles ont scellé le sort de dizaines de cartes scolaires.
Venir localement faire semblant de soutenir les parents, leurs enfants et les enseignants relève de la diversion, de l’amnésie ou de l’hypocrisie la plus cynique.
Soyons « très, très en colère » contre eux. Car ce sont eux les responsables.
Louis Laprade
