Sous prétexte que la France importe un poulet sur deux, il faudrait encourager l’élevage industriel de poulets, produire plus de volailles de mauvaise qualité, à bas coût, pour la grande distribution et pour l’alimentation ultra-transformée (nuggets, blanc de poulet dans les salades et les sandwichs…).
Si la consommation de poulet progresse, c’est parce que cette viande blanche est la moins chère et donc la plus consommée par toutes celles et ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois. Mais, pour notre santé, ce type d’élevage a des conséquences. Les animaux sont traités avec des médicaments (anti-inflammatoires, antibiotiques…) qui se retrouvent dans nos assiettes. C’est une cause fréquente d’intoxication alimentaire et d’antibiorésistance.
Les fientes de ces volatiles, épandues dans les champs, provoquent la dégradation de l’environnement. L’élevage intensif de volailles a, par exemple, contribué à l’apparition et au développement de maladies comme la grippe aviaire. Depuis 2021, la France est le pays d’Europe le plus touché par cette épidémie, avec des centaines de foyers recensés, engendrant des abattages massifs et des coûts sanitaires et économiques élevés, financés par les contribuables.
Ce genre d’élevage est aussi néfaste pour le bien-être animal. Élevées pour une croissance à marche forcée, ces pauvres bêtes cloîtrées dans un bâtiment ne voient jamais le jour et seront emmenées à l’abattoir au bout de 40 jours.
L’association L214 décrit qu’en 20 jours l’entrepôt est vite saturé par des milliers de têtes de poussins sur des corps de poulets. Beaucoup de ces animaux boitent avec des déformations des pattes car elles fléchissent sous le poids de leur corps. Ils se déplument, souffrent de troubles cardiaques avec des syndromes de mort subite. Qu’y a-t-il de bon dans ce genre d’élevage ? Rien. Pas même le bien-être de l’éleveur qui s’endette lourdement.
Manger moins de ces « poulets standards »et privilégier des élevages respectueux, c’est meilleur pour notre santé, notre environnement et le respect des animaux.
Marie-Rose Patelli
