Antifasciste

Orwell reviens… Certains journaux font leur une avec cette phrase. Un film documentaire de Raoul Peck sur le roman de George Orwell, 1984, est en salle actuellement : Orwell 2+2=5. Pour nous dire que dans ce monde des trumpistes et de l’ultralibéralisme, plus rien ne semble faire sens, les faits, les mots. On se souvient des slogans du roman de George Orwell : la guerre, c’est la paix, la liberté, c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force… Cette dernière citation résonne étrangement après le drame de Lyon.

Personne ne doit mourir pour ses idées et, s’il faut condamner avec la plus grande fermeté la mort de Quentin Deranque, force est de constater que les victimes de l’extrême droite ont rarement eu droit à un tel traitement médiatique. L’instrumentalisation à laquelle a donné lieu ce drame orchestré par le RN et son ultra-droite n’a pu se faire qu’avec avec la complicité bienveillante des pouvoirs publics du Rhône et du gouvernement. Une instrumentalisation dangereuse, car elle ouvre grand la porte à la banalisation du fascisme.

Une semaine où tout à basculé. D’abord avec cette minute de silence à l’Assemblée nationale. Pour la première fois depuis Pétain, la représentation nationale a rendu hommage à un militant fasciste, membre d’un groupuscule raciste, homophobe, antiféministe, antisémite, adepte de la violence.

« La CGT était, est et restera antifasciste ».

Puis, sans évoquer à quelque moment que ce soit le contexte lyonnais (où s’exerce régulièrement, depuis des décennies, une violence d’extrême droite), les médias, y compris publics, sont pris dans une espèce de spirale loin d’être exempte d’arrière-pensées politiciennes. Le Syndicat des journalistes CGT déplore, avec raison, que de nombreux journalistes se sont départis de leur neutralité sur cette affaire, y compris sur les antennes du service public, concernant la manifestation de militants néo-fascistes à Lyon le 21 février. La journaliste en plateau estimant même que la manifestation s’était bien passée. Oubliés les saluts fascistes, oubliées les croix gammées aperçues sur le bras ou dans le cou de certains manifestants.

Un 21 février au goût écœurant, jusqu’au bout. On se souviendra que le ministre de l’Intérieur a osé autoriser cette manifestation le jour où l’on commémorait la mort de Missak Manouchian et de 22 de ses camarades, pour la plupart étrangers, fusillés par les nazis.

L’heure pour nous de reprendre avec force le slogan de nos camarades du Rhône : On ne nous fera pas taire. La CGT était, est et restera antifasciste ».

Richard Vaillant