Peine de mort pour les Palestiniens : quand la Knesset enterre l’État de droit

Bombarder Gaza, torpiller l’aide humanitaire, enfermer sans procès, torturer y compris les enfants, déplacer de force des populations entières, absoudre les exactions des colons, humilier au quotidien ne suffisaient donc pas. Le glissement autoritaire de l’État d’Israël sous l’autorité d’un gouvernement de fanatiques extrémistes vient de franchir un nouveau cap.

En votant ce lundi une loi sur la peine de mort, le Parlement israélien s’enfonce un peu plus dans l’abject. Le texte, qui vise sans équivoque possible les Palestiniens, dispose que quiconque causerait « intentionnellement la mort (…) dans le but de porter atteinte à l’État d’Israël ou avec l’intention d’en nier l’existence » sera désormais passible de la peine capitale.

Il en introduit même l’automaticité concernant les Palestiniens de Cisjordanie occupée en cas de mort dans le cadre d’une action « terroriste » – qualificatif apposé systématiquement, sans distinction et surtout sans procès. Les mots sont choisis, pesés, ils dessinent les contours d’un arsenal législatif établi sur des critères racistes, officialisent l’apartheid, institutionnalisent les exécutions.

Une loi comme un clou enfoncé dans le cercueil de ce qu’il restait de l’État de droit, dans un pays que d’aucuns osent encore qualifier d’exemple démocratique. À refuser de considérer les faits, à justifier les massacres, à nier le génocide en cours et à convoquer l’antisémitisme à chaque dénonciation des crimes de l’armée israélienne, les soutiens inconditionnels de Tel-Aviv ont érigé une digue d’impunité autour de Benyamin Netanyahou et de ses affidés.

Le résultat est là, glaçant. Leur responsabilité, individuelle et collective, est plus que jamais engagée. Le gouvernement israélien est devenu le bourreau de toute une région, avec le soutien actif de Washington et la complicité de la majorité des chancelleries occidentales.

Marion d’Allard

rédactice en chef de L’Humanité