Le petit protégé du JHM n’a pas fait très fort

La liste RN de Cyrille Vedrenne, à Chaumont, a obtenu dimanche dernier 16,08 % des voix. Moins de deux ans auparavant le candidat RN des législatives, Christophe Bentz, y avait récolté 36,57 % des suffrages. Cette chute de plus de la moitié est pourtant considérée comme un succès par le Journal de la Haute-Marne. Il écrit que, pour une première participation aux municipales, le RN a créé la surprise de ce scrutin.

Nous, on pense qu’il s’agit plutôt d’un échec relatif.

Si Vedrenne n’a pas fait très fort, c’est peut-être à cause de ses casseroles, de sa liste bancale, de sa communication indigente et de son débat catastrophique à la salle des fêtes.

Mais le quotidien local ne peut pas le dire puisqu’il a occulté tout cela. En effet, après l’avoir aidé à se présenter en publiant des appels au peuple pour lui permettre de boucler sa liste, le Jhm a «oublié» de dire que ce représentant du RN était visé par deux plaintes (une pour violences sur mineur, l’autre pour mise en danger de la vie d’autrui), qu’il avait menacé des journalistes, que la quatrième de sa liste, n’en pouvant plus, avait déjà annoncé sa démission… et qu’un de ses colistiers a été condamné pour violences.

Faits qui ont été relatés par d’autres médias locaux (voire parfois régionaux et nationaux) et que le Jhm ne pouvait ignorer.

Finalement, il n’est pas interdit de penser que si le Jhm avait fait correctement son boulot, M. Vedrenne aurait décemment dû remballer ses gaules. Au lieu de ça, cet individu peu recommandable, qualifié pour le second tour, va pouvoir se prévaloir de représenter les Chaumontais. Petitement certes, mais quand même…

Et les fondations, bordel ?

La comparaison législatives / municipales vaut aussi pour la gauche. On s’aperçoit qu’aujourd’hui le Chaumontais Pierrick White (21,43 %) fait moins bien à Chaumont que le Langrois Benjamin Lambert (27,98 %) en 2024. C’était l’époque du Nouveau Front Populaire. Or, cette fois-ci, même si elle s’est un peu rétractée ensuite, la liste «Bâtir l’avenir, réveillons Chaumont et Brottes», avait indiqué vouloir rassembler largement, mais sans LFI.

En fait, toutes les listes, sauf Lutte ouvrière, masquaient plus ou moins leurs étiquettes afin d’aller chercher le centre. Or, à côté de deux listes concurrentes issues en partie de l’ancienne équipe municipale, Pierrick White avait certainement le même coup à jouer que Jean-Claude Daniel en 1995. A cette différence près qu’à l’époque, dans le cadre de la gauche plurielle, ce dernier avait d’abord bien pris le soin de rassembler intégralement son camp.

Probablement parce qu’elle a négligé d’assurer ses fondations, «Bâtir l’avenir» n’est pas parvenue à se hisser suffisamment haut pour dépasser au moins un de ses deux principaux adversaires.

Lionel Thomassin