Une escalade militaire aux conséquences régionales majeures
Depuis samedi 27 février, Israël et les États-Unis frappent l’Iran, au risque d’embraser toute la région. Les morts se comptent déjà par centaines ; une école pour filles a été touchée à Minab, faisant plus d’une centaine de victimes. L’Iran a riposté en ciblant des bases occidentales, notamment américaine dans le Golfe et des lieux stratégiques en Israël. La menace d’une guerre régionale s’intensifie.
Alors que Donald Trump prétendait « négocier », son objectif est désormais le renversement de la République islamique. Ali Khamenei, Guide suprême depuis 1989, a été tué le 28 février. Benyamin Netanyahou affirme que l’offensive se poursuivra jusqu’à la destruction du régime iranien. Hier Gaza, le Liban et le Venezuela, aujourd’hui l’Iran, demain Cuba ? Une violation de plus qui banalise l’idée que la force primerait désormais sur le droit, que la puissance et l’arrogance tiendraient lieu de légitimité.
Ces frappes constituent une nouvelle étape dans l’engrenage militariste qui ravage le Moyen-Orient depuis des décennies. Elles ne relèvent ni de la défense du droit ni de la protection des peuples ou de leur liberté, mais d’une logique de domination en violation flagrante du droit international. L’argument de la « frappe préventive » n’est qu’un prétexte à une intervention unilatérale qui privilégie la force sur la diplomatie : aucun État n’a le droit d’en attaquer un autre, quel que soit le prétexte avancés. Les « frappes préventives » n’existent pas en droit.
Cette agression s’inscrit dans une continuité impérialiste
L’Association France Palestine Solidarité ne soutient en rien le régime iranien et réaffirme sa solidarité avec les peuples d’Iran dans leurs aspirations à la liberté et à la démocratie. Mais de l’Irak à la Libye, les interventions occidentales ont surtout semé chaos et souffrances. Les bombes ne seront pas plus libératrices aujourd’hui qu’hier : c’est au peuple iranien et à lui seul que revient d’imposer un changement de régime à Téhéran.
Cette agression s’inscrit dans une continuité impérialiste visant à maintenir une hégémonie stratégique et économique au mépris de la souveraineté des peuples, alimentant un cycle de violence et le risque d’un embrasement généralisé. La sécurité collective ne pourra jamais reposer sur la loi du plus fort, mais sur le respect du droit international et des solutions politiques.
La France aurait dû prendre ses responsabilités, condamner les agresseurs fussent-ils ses alliés, œuvrer pour obtenir l’arrêt immédiat de cette offensive guerrière et défendre le respect du droit international. Au lieu de cela, elle n’a pas condamné l’intervention israélo-étatsunienne, préférant faire porter la responsabilité de la situation aux seules autorités de Téhéran, s’alignant de fait sur Washington et Tel Aviv. Pire encore, dans une déclaration conjointe avec les dirigeants allemands et britanniques publiée dimanche soir, elle se dit consternée par la riposte de Téhéran et prête à des « actions défensives proportionnées » afin de « détruire à la source la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones ».
Au nom de qui au nom de quoi le gouvernement français entraine-t-il notre pays dans ce chaos ?
Au nom de qui au nom de quoi le gouvernement français entraine-t-il notre pays dans ce chaos, alors qu’Israël étend depuis quelques heures ses frappes sur le Liban ?
Encore une fois, s’exerce le « deux poids, deux mesures » dans la condamnation des agressions contre les peuples. Encore une fois, la France s’apprête à cautionner la loi du plus fort sur les ruines du Droit international..
Alors que le génocide se poursuit à Gaza, Israël en profite évidemment pour accentuer ses pressions sur le peuple palestinien : fermeture des accès à la bande de Gaza, blocage de l’aide humanitaire, nettoyage ethnique et nouvelles attaques de colons en Cisjordanie. Il est évident que l’impunité dont ces derniers disposent pour commettre leurs crimes va se renforcer encore davantage dans un tel contexte.
Notre solidarité avec les peuples de la région doit être totale contre la guerre, l’occupation et la colonisation. Avec les peuples iranien, libanais et palestinien, l’Association France Palestine Solidarité appelle à un cessez-le-feu immédiat, à la fin des agressions militaires et à l’ouverture de véritables processus diplomatiques.
La paix ne se construit ni par les bombardements ni par la domination, mais par la justice, la coopération et le respect du droit international.
Le Bureau National de l’AFPS,
le 2 mars 2026
