Racisme : nés dans la haine

Dans la fachosphère, la chasse aux prénoms bat son plein.

L’un des initiateurs de cette scandaleuse activité a été le raciste multi-condamné Eric Zemmour. On se souvient qu’à une animatrice télé française dont les parents sont d’origine africaine, il avait osé vomir «Vous n’êtes pas une enfant de la République, votre prénom est une insulte à la France». Dans son programme pour la présidentielle, il annonçait alors vouloir interdire tous les prénoms musulmans. Les parents seraient obligés de choisir dans une liste issue de calendriers chrétiens.

Cette obsession, qui va à l’encontre de tous les principes de laïcité, s’exprime désormais sans complexe dans les médias de Bolloré. Et, cherchant à valider la théorie débile du «grand remplacement», elle se poursuit par un dévoiement des faits divers.

Lorsqu’un crime ou un délit marquant est commis, leurs journalistes ont pour première mission de se renseigner sur les prénoms des auteurs présumés. Ne seront dès lors bien souvent montées en épingle que les affaires impliquant des personnes dont le prénom laisse supposer une origine africaine. Quand on sait qu’il y a en moyenne 3 homicides par jour en France, on voit bien à quel point la ficelle est grosse.

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Mais le poison finit par diffuser dans la société.

Chaque début d’année, partout en France, les journaux locaux saluent l’arrivée du premier né du nouvel an. Or dernièrement quatre maternités de l’Hexagone ont annoncé la naissance d’un bébé au prénom arabo-musulman. Un déferlement de haine est aussitôt tombé sur les réseaux sociaux des journaux concernés. Ces bébés innocents ont été accusés par avance de tous les vices. On a carrément souhaité leur mort.

Médiapart nous apprend que les murs des internautes s’autorisant de telles saloperies sont, pour la plupart, remplis de vidéos de CNews, Zemmour, Bardella, etc.

Imagine-t-on la violence avec laquelle ces enfants entrent dans la vie ? Ceux-là même qui d’ailleurs subiront des discriminations durant toute leur existence, qui auront plus de mal à trouver un emploi, un logement…

Et ce qui fait le plus peur, c’est que même à gauche, il ne reste plus guère de partis pour prendre en compte leur détresse et leur proposer des solutions politiques.

Lionel Thomassin