Au nom du maintien de l’ordre

DOCUMENTAIRE ARTE en deux épisodes (2023)

Épisode 1 : « RECULEZ ! « 

Partout sur la planète, des foules en colère affrontent des forces de l’ordre surarmées. Le journaliste Paul Moreira s’immerge dans des manifestations et interroge des spécialistes pour éclairer les causes de ce glissement répressif. Dans ce premier volet, la question de la militarisation croissante de la police est abordée.
Paris, 8 décembre 2018, acte IV des « gilets jaunes ». Toute la planète a les yeux rivés sur la capitale française. Pour la première fois, des véhicules blindés sont utilisés pour contenir un mouvement social. Des manifestants sont blessés à la tête, certains vont perdre un œil. Deux ans plus tard, aux États-Unis, lors des manifestations contre le racisme et les violences policières organisées après la mort de George Floyd, des images similaires circulent. Le tournant a été pris une vingtaine d’années plus tôt : les mouvements sociaux, jadis disciplinés, ont laissé place à une accumulation de colères solitaires à laquelle les autorités répondent par une militarisation croissante. Norm Stamper, l’ancien chef de la police de Seattle à l’origine de ce changement de doctrine du maintien de l’ordre, plaide désormais pour une réforme de la police : « Je me suis raconté des mensonges pendant des années. Pourquoi gazons-nous des citoyens non-violents ?« 

Épisode 2 : PRESQUE MORTEL

Partout sur la planète, des foules en colère affrontent des forces de l’ordre surarmées. Le journaliste Paul Moreira s’immerge dans des manifestations et interroge des spécialistes pour éclairer les causes de ce glissement répressif. Dans ce second volet, la question de l’utilisation d’armes dite « à létalité réduite », fortement mutilante, est abordée.
En France, aux États-Unis, en Allemagne et ailleurs, l’arme emblématique du nouveau contrôle des manifestants est le fusil à balles en caoutchouc, le LBD (lanceur de balles de défense). Si l’Angleterre coloniale l’emploie dès les années 1960, il faut attendre 1995 pour qu’il soit importé en France, avec une utilisation d’abord circonscrite à des situations de violence individuelle extrêmes. Dix ans plus tard, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, l’autorise face à des foules lors des émeutes dans les banlieues, avant une diffusion massive. Pourtant, les études s’avèrent rares sur ces armes dites « à létalité réduite ». On sait néanmoins qu’elles causent des mutilations et réhabituent les policiers à une gestuelle que l’on pensait disparue : mettre en joue et tirer, parfois sans respecter les règles d’utilisation. Face à cette violence, les manifestants n’ont qu’un recours : le téléphone portable, pour capter les bavures. D’autres renoncent à se joindre aux cortèges. Est-ce l’objectif recherché ?