Anéantir l’Iran

Le bilan de trois semaines de bombardements de l’Iran par Israël et les Etats -Unis est inconnu, mais probablement supérieur à 3000 morts dont une majorité de femmes et d’enfants. Le nombre de blessés est inconnu lui aussi, comme le nombre d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures civiles méthodiquement détruites par les hérauts de la démocratie occidentale.

Si le bilan humain reste donc encore largement méconnu, les motifs de l’intervention sont désormais très clairs.

En effet, le 18 mars, la directrice du renseignement étatsunien a confirmé devant une commission parlementaire que Téhéran n’avait pas essayé de relancer ses activités d’enrichissement de l’uranium après les frappes de juin 2025. Comme cela avait été le cas avec l’Irak en 2003 et les armes de destruction massive, l’imminence de l’acquisition de l’arme nucléaire par Téhéran est donc bien un mensonge qui a servi de prétexte.

Plonger l’Iran dans un chaos irréversible

Il ne s’agissait pas non plus d’obtenir un changement de régime, car la démocratie de Trump, comme celle de Biden, s’accommode fort bien des dictatures les plus sanglantes quand elles ne s’opposent pas à ses intérêts.

Comme le revendiquent certains dirigeants israéliens, l’objectif véritable de l’intervention est de plonger dans un chaos irréversible un pays qui, par sa seule existence, est une menace pour le projet hégémonique israélien sur le Moyen-Orient.

Pour atteindre ce but, l’idéologie raciste et suprémaciste des gouvernements israélien et étatsunien autorise la plus extrême brutalité dans le traitement des populations :

• En Palestine, 100 000 morts en deux ans et deux millions de déplacés.

• Au Liban, plus de 1000 morts en trois semaines, un million de déplacés.

• En Iran, trois millions de déplacés et une capitale de près de 10 millions d’habitants en permanence sous les bombes.

Partout une destruction massive des infrastructures civiles, partout le droit international bafoué.

Face à l’intolérable la France se tait. Et seule l’Espagne de Pedro Sanchez sauve l’honneur de l’Europe.

A. Fellner