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édito

Mardi  arc-en-ciel

Finis les poissons d’avril, la grève des cheminots arrive, rivalisons donc d’ignominie. Dans le domaine très étendu de la haine antisociale et antisyndicale, certains éditorialistes sont devenus de vrais pros. Insultes, mépris et fake news. Tous ne sont pas ainsi, mais dans ce qu’on appelle par antiphrase la grande presse, si méprisable et si vulgaire le mal semble s’étendre. Dès qu’on approche de la Une, plus question d’éthique. Ils sont payés (bien, merci) pour défendre la ligne éditoriale des milliardaires actionnaires principaux du journal. «Ces oligarques, venus du BTP, de l'armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d'intérêts...» (Mediapart)

Ils sont mielleux avec les riches, détestables avec ceux qui travaillent et nauséabonds avec ceux qui luttent.

Haro sur le statut des cheminots. Haro sur leurs salaires. Pourtant, s’il y a un salarié SNCF que l’on devrait épingler pour l’absurdité de son salaire, ce n’est pas l’agent de conduite mais Pépy, le directeur, qui gagne 450 000 euros par an et qui ne conduit rien sinon la liquidation de l’emploi et de l’entreprise.

Certains politiques ne sont pas en reste et les godillots de la France en Marche ont reçu une formation accélérée es grossièreté et insanité. Avez-vous entendu un certain et sombre Attal ? «Il faut sortir de la gréviculture» a-t-il déclaré. Immédiatement, on s’intéresse évidemment à celui qui a prononcé cette phrase imbécile.
Attal a 29 ans. Il est jeune, mais si l'âge n'est pas un reproche, ce n’est pas non plus une excuse. Il est né, études (c’est bien !), entre au PS (eh, oui !), en 2012, cabinet de la ministre de la Santé, conseiller chargé des relations avec le Parlement et rédaction des discours jusqu’en 2017. Puis il choisit Macron. Il est élu godillot dans cette vague incolore qui va se heurter à la grève...

La bio est brève. En fait, Attal ne sait rien du travail des cheminots, il ne sait rien de la vie des retraités, il ne sait rien du travail et de la vie tout court...

Mardi 3 avril. Le Jhm titre : «Mardi noir». Titraille de fond de tiroir. Pourquoi un mardi serait-il noir du fait de la grève ? Si l’on en juge par l’unité des syndicats de cheminots dans cette action vitale pour l’avenir du service public, notre bien commun, si l’on en juge par les soutiens divers et variés qu’il reçoivent des usagers, et parmi eux les retraités ne sont pas les derniers, alors ce mardi est tout sauf noir. Il est rouge, vert, violet, orange. Bref, il est d’une belle couleur... arc-en-ciel… Les couleurs de l’unité et de l’espoir.

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent, disait Victor Hugo...

Richard Vaillant

Secrétaire du syndicat Cgt des retraités de Chaumont

3 avril 2018