Les derniers éditos

Les vœux du syndicat en rouge et en jaune

22 décembre, au pied du sapin de Noël art-moderne et fièrement revendicatif on se rappelle, entre camarades, qu’il y a un an, nous manifestations contre le licenciement de 30 personnes au Centre de tri des déchets.

Si l’on feuillette la collection du « Journal du Retraité de Chaumont », à l’évidence, l’année du cinquantième anniversaire de Mai 68 a été très occupée pour notre syndicat. Centre de tri puis vœux à Macron avec près de 2500 cartes unitaires récoltées et leur dépôt officiel à la poste de Chaumont. La lutte pour la défense des services publics avec l’hôpital, l’école, la Poste, les perceptions a continué. Parfois, la CGT y est peu ou pas organisée. Qu’importe, ce qui compte par dessus tout, c’est de s’opposer à la casse de services publics essentiels pour vivre et travailler en Haute-Marne.

Le 15 que l’ARS et les élus locaux voyaient bien partir sans piper mot a également été au centre de nos préoccupations, tout comme le soutien à la grève d’utilité publique des cheminots. Et simultanément, pour éviter le maléfique en même temps, la bataille contre la hausse de la CSG, la baisse du pouvoir d’achat des pensions, contre la désindexation nous a occupés presque au jour le jour.

Le 22 décembre,  les 8 syndicats de retraités, unis depuis des années, menaient la sixième journée d’action pour 2018. Un acte VI en quelque sorte qui renvoyait à celui des Gilets jaunes. Belle coïncidence ! Nous avons dès le premier acte affirmé notre soutien à la révolte en jaune, et ce malgré la timidité ou l’hostilité observée par le syndicalisme au plan national. Nous l’avons fait car nous sommes de la même classe, celle des gens qui ne sont rien, qui ne comptent pas aux yeux des banques et du CAC 40 et nous l’avons fait d’autant plus volontiers que, bien avant le 17 novembre, notre pétition « Hausse du fioul, du gaz, du gasoil et de l’essence, NON AU RACKET » était en phase avec celle des gilets jaunes contre la hausse des carburants. Certes, la rencontre a été -est- compliquée ; de bon augure le 17 novembre, elle a été par la suite plus    « élastique », liée aux aléas des discussions internes aux gilets jaunes et à notre propre souci de respecter scrupuleusement leur volonté de ne pas être « récupérés ».

Notons toutefois que de plus en plus de manifestants retraités ou pas, rouges, jaunes ou d’autres couleurs pensent que les luttes devraient faire jonction. Parce que nombre de revendications sont communes et que l’attitude de Macron et de son gouvernement qui marient démagogie, répression, mensonge et arnaque devrait conduire à un rassemblement de toutes les forces attachées au progrès social et à la démocratie. Nous en avons eu un avant-goût le 22 décembre puisque des gilets jaunes sont venus à notre rassemblement avant d’aller défiler dans les rues de Chaumont.

2019. Formons le vœu que la convergence des colères et des mécontentements se renforce encore. Notre syndicat y est prêt, c’est d’ailleurs indispensable si nous voulons gagner face à ce pouvoir de nantis.

Le syndicalisme retraité uni a décidé de ne pas laisser Macron dormir sur ses deux oreilles. Une nouvelle journée d’action nationale est d’ores et déjà programmée pour le 31 janvier et, d’ici là, notre syndicat ira à la rencontre des retraités dans les villages, les quartiers, sur les marchés et pourquoi pas, sur les ronds-points !

Chaumont le 28 décembre 2018

Syndicat  CGT des retraités de Chaumont

édito

Vœux sans relief et sans remords *

Richard Vaillant, syndicat CGT des retraités de Chaumont

Il aura tout essayé pour redorer un blason bien terni. Et le cerveau de ses conseillers en com a dû phosphorer, à la limite de la surchauffe pour trouver la bonne posture.

Après la scène d’un Macron impavide, mains croisées sur la table élyséenne, digérant la claque qu’il venait de recevoir, changement de décor, de gestuelle et de mots pour les vœux. Il sera de pied en cap (Libération), sans doute pour incarner l’image d’un président debout et droit face à l’adversité, un président combatif prêt à reprendre le manche après ce qu’il pense être une simple récréation...

A-t-il réussi dans cet exercice plutôt périlleux ? Il semble que non. Les sondages le disent et les gens interviewés après le spectacle étaient partagés entre scepticisme et indifférence. Vingt millions de personnes l’avaient regardé début décembre, elles n’étaient plus que 13 millions à la Saint Sylvestre. Une sacrée évaporation. En fait, la plupart n’attendaient rien d’un président plus prompt à donner des gages aux banques et au CAC 40 qu’à répondre aux colères, doléances et revendications qui montent et grondent dans le pays.

Les gestes ressemblaient à ceux d’une marionnette et les mots comme dans un théâtre d’ombres venaient de derrière le rideau.

En effet, qui peut croire Macron lorsqu’il dénonce le «capitalisme ultralibéral et financier » alors qu’il annonce ne pas bouger d'un pouce sur les réformes qu'il souhaite mener à bout en 2019 : celle de l'assurance-chômage, celle de la fonction publique et celle du système de retraite. Comme si toutes les réformes mises en place, depuis la loi travail jusqu’à la hausse de la CSG n’étaient pas responsables de la situation actuelle... Et il faut un sacré culot pour critiquer le capitalisme ultralibéral et financier et avoir fait la réforme de la SNCF.

Insensible, méprisant, menaçant, arrogant tel est apparu Macron. Si l’on en croit la presse, le barbouze Benalla et le président Macron continuent à dialoguer. Benalla a bougrement de la chance car pour ce qui est du dialogue avec le pays, il est rompu depuis très longtemps. A-t-il seulement eu lieu ?

En tout cas, 2019 commence sous le signe de la colère et de l’action. Les Gilets jaunes n’en ont pas fini avec le mépris et l’autoritarisme qu’affiche fièrement le président de la République. Et les retraités unis sont prêts à battre à nouveau le pavé le 31 janvier. Manifestement, loin d’avoir compris la leçon de l’année 2018 tout en colère et en mécontentement, loin d’avoir tiré les enseignements de la révolte des Gilets jaunes, Macron, digne représentant du capitalisme ultralibéral et financier, semble avoir opté pour l’affrontement et la violence. «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage» disait Jaurès. Il porte la guerre sociale également...

Chaumont le 2 janvier 2019

* Titre emprunté à Médiapart

Mais ils fêtent quoi  le 14 Juillet ?

Chaque année, à grands coups de drapeaux français, de défilés militaires et policiers, de chants patriotiques et de remises de médailles, les élus et commis de l'Etat fêtent le 14 Juillet.

Ce jour-là ils célèbrent l'anniversaire d'un événement symbolique et fondateur : la prise de la Bastille. Ils saluent donc très officiellement, et avec déférence, des manifestations populaires illégales, des destructions de monuments publics et bien sûr des actes de violence.

Mais tout le monde trouve ça légitime puisque les casseurs de l'époque se battaient contre les inégalités et les privilèges qui les atteignaient avec une grande violence.

Chacun connaît aussi le célèbre refrain révolutionnaire de l'époque :

« Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !/Les aristocrates à la lanterne.

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !/Les aristocrates on les pendra.

Si on n’ les pend pas/On les rompra

Si on n’ les rompt pas /On les brûlera ».

C'est un chant qu'on fredonne avec plaisir en pensant aux barricades ; avec une certaine fierté même, quand il s'agit d'évoquer la lutte du peuple français.

Pourquoi alors les mêmes personnes, qui sont capables d'entonner gaiement le refrain, se déclarent-elles effarées lorsqu'elles entendent certains gilets jaunes vouer Emmanuel Macron aux gémonies, en termes parfois assez brutaux ?

On nous dira que le «Ça ira» date de plus de 200 ans, que la vie était bien plus dure à l'époque... bref que le contexte est tout de même très différent aujourd'hui. Oui mais justement. A l'époque on ne s'est pas privé de mettre à exécution les menaces chantées. Alors qu'aujourd'hui, si par un très improbable hasard, Macron venait à se perdre sur un rond-point tenu par les gilets jaunes, personne n'imagine qu'ils lui feraient subir les outrages promis.

Ne nous laissons donc pas abuser par les cris d'orfraies de ceux qui cherchent surtout à discréditer les actuels mouvements de protestation. De même, si les proportions ne sont pas vraiment comparables, personne ne peut nier que des privilèges existent encore et que les inégalités entre pauvres et riches ne cessent de s'accentuer. Il n'est donc pas illégitime que des républicains veuillent à nouveau se dresser contre cet état de fait.

Or, sachant que lorsqu'ils le font gentiment dans un cadre légal, le gouvernement refuse de les entendre, il est tout de même difficile de leur reprocher d'aller là où ça dérange le plus ; à commencer par la plus riche des avenues.

Le gouvernement vient de faire savoir qu'il cherchait à mettre au point des lois permettant de sanctionner durement ceux qui manifestent sans autorisation ou qui tentent de se protéger contre les armes des forces de l'ordre.

Pour le moins, ceux qui soutiendront et voteront ces lois auront, à mon sens, perdu toute légitimité à parader lors des cérémonies du 14 Juillet.

Il ne sera peut-être pas inutile de le leur rappeler le moment venu.

Elté

Chaumont le 10 janvier 2019

La jaunisse de Macron

Par Jack Formet syndicat CGT des retraités de Chaumont

Un gilet jaune est mort, à Antibes, au soir du 31 décembre. C’est la onzième victime depuis le début du mouvement.

Lors de son allocution de fin d’année, M. Macron les a toutes ignorées. Pas un seul mot, pas une seule pensée à l’adresse des personnes décédées lors des manifestations. Quant à celles et ceux qui ont subi les violences policières, le chef de l’Etat a eu le même comportement. Innommable oubli, ignoble mépris !

L’attitude du président vient, de nouveau, de télescoper une très large partie de l’opinion publique et son discours, une fois disséqué, a toutes les chances d’être remisé aux rodomontades de l’histoire. M. Macron a-t-il une seule fois fait référence à la contestation populaire, à une seule revendication exprimée notamment durant ces deux derniers mois ? Nenni ! Maniant la compassion autant que le bâton, c’est l’homme d’une caste, celle des ultra-riches, qui s’est adressé aux Français. Rien de bon ne viendra et ne peut venir de ce côté.

Quelques bribes avaient été lâchées grâce à l’ampleur du mouvement jaune comme au soutien d’une très large majorité de notre peuple. Elles risquent cependant d’être éphémères, absorbées déjà par une série de hausses que le président s’est bien gardé d’énumérer. Au lendemain même de son laïus était d’ailleurs confirmée l’annonce que les salariés devront désormais travailler trois ans de plus pour disposer d’une pension de retraite complète. Les éventuels « récalcitrants » seront alors taxés d’un malus de 10%, punition chère au pouvoir puisqu’elle consiste à reprendre bien davantage que ce qui a été concédé.

Ce n’est pourtant là que la partie émergée, visible, étant entendu que la « réforme » des retraites, celle de l’indemnisation du chômage ou la « refonte » de la Fonction publique n’ont pas donné leur pleine mesure au sens libéral et macronien du terme.

Avec la disparition de plus en plus de services publics, l’allongement de la durée du travail et ses conséquences sur la santé, la multiplication des licenciements et la liste interminable des sans-emploi, ce sont bel et bien des millions de salariés - et de retraités - qui vont être laissés sur la touche.

La seule alternative réside dans un vrai changement, ce  qui suppose un vaste rassemblement, unitaire, au-delà même de tous nos amis des ronds-points puisqu’il en faut beaucoup plus à M. Macron et aux siens pour donner le tournis à ce petit monde de nantis et lui faire attraper, pour tout dire, une véritable jaunisse.

J.F.  5 janvier 2018

édito : mascarade

Richard Vaillant, secrétaire du syndicat CGT des  retraités de Chaumont


Qu’avait-il de grand ce long monologue avec en meneur de jeu un ex-ministre et, pour public, des maires triés sur le volet ?

On se rappellera sans doute que l’exercice a duré la bagatelle de 6h38 chrono en main. On connaissait la chanson de Sylvie Vartan, 2 minutes 35 de bonheur. Il y aura maintenant la rengaine de Macron, 6h38 de malheur ou, si vous préférez, d’autosatisfaction et d’auto justification d’une politique honnie par une majorité de Français. 6h38 pour ne rien dire, pour ne pas répondre aux doléances des gilets jaunes, aux revendications des retraités et aux interrogations des Français.

Mais diantre, qui l’avait demandé ce grand débat ? Les gilets jaunes entre deux coups de matraques ou deux tirs de flash-ball ? Les retraités entre cinq ou six refus du même Macron de recevoir leurs organisations syndicales ? Les ouvriers de chez Yto ou les travailleuses de Lacoste-Froncles que l’on jette comme des malpropres et qui vont déconner pour reprendre une insulte présidentielle, quand le chômage sera venu ?

Toutes les doléances sont sur la table. On peut même, si l’on veut, regrouper les revendications des salariés et des retraités avec les doléances des gilets jaunes. Elles sont les mêmes pour l’essentiel. Ils n’attendent pas des discours fleuves ni des salamalecs hypocrites, pas après 10 morts, des milliers de blessés et des arrestations indignes d’une démocratie... Les Françaises et les Français veulent des réponses aux questions qu’elles et ils ont posées. élémentaire, mon cher Macron !

Il faut une bonne dose de mauvaise foi pour continuer à s’émerveiller comme le font les éditocrates bien en cour sur la performance que serait ce prêchi-prêcha macronien. Et il faut être aveugle pour ne pas voir qu’avec ce numéro de cirque, Macron vient de lancer la campagne des européennes de LREM et que, pour tenter de recoller les morceaux d’un parti en pleine déliquescence, il a choisi de diviser en orientant le débat vers des sujets clivants, l’immigration et la laïcité, car Françaises, Français, pour l’ISF, le CICE et la CSG, vous repasserez...

On va voir fleurir maintenant des grands débats un peu partout où de sinistres ministres et des députés dépités, viendront nous dire qu’ils nous ont enfin compris pour nous ignorer à nouveau le 24 mai prochain. N’est-ce pas cela qu’a fait Mme Abba loin de son port d’attache avec son copain de parti, maire de Joinville ?

Les cahiers de doléances sont ouverts. On peut y écrire utilement. Et les 8 organisations syndicales de retraités appellent à envoyer des mails à la députée Abba pour lui dire que le temps des papotages est fini. Les retraités ont déjà déposé à sa permanence leur propre cahier de doléances, il y a plusieurs mois. Le temps est maintenant à la lutte, à l’action. Toutes et tous au Marché couvert de Chaumont, le 31 janvier à 15 h. R.V

Chaumont le  21 Janvier 2019

édito : une sombre opération politicienne

Par Jack Formet

Était-il nécessaire ce « grand débat national » dont M. Macron a tracé les limites « revendicatives », bloqué, de ce point de vue, l’entrée comme la sortie ? Et, puisque la fiscalité des super-riches en est d’ores et déjà exclue, qu’il n’est pas plus question du relèvement du SMIC comme celui du niveau des pensions ou des minima sociaux, que le maintien et le développement des services publics sont jetés aux orties, que reste-t-il alors ? Une illusion, une fumisterie de plus ? Pas exactement.

S’il tourne le dos avec mépris aux exigences populaires, ce « débat » s’apparente à une sombre opération dont les objectifs, inavoués mais réels, risquent fort, s’ils passent inaperçus, de conduire le mécontentement dans une funeste impasse. Initiateurs et partisans de la « trouvaille » écrite savent d’ailleurs de quoi ils parlent quand ils assimilent ce « débat » à un exercice pratique de la démocratie. C’est ici que la chimère prend forme quand elle vient masquer le fond d’une intense bataille politique, idéologique, que les puissants mènent et entendent remporter.

Dans l’immédiat, le président et son exécutif veulent, sinon stopper, du moins freiner la contestation, la réduire en morceaux pour en isoler le plus résistant et le plus porteur que les chantres du macronisme et de l’ultra-libéralisme qualifient déjà de « radicalisé ».

L’enjeu imposé est pourtant simple : ou bien il y aura cette déchirure tant espérée par le pouvoir nous faisant abandonner le terrain des demandes les plus urgentes et nous noyer dans une fange populiste et xénophobe : ou bien l’intelligence, la solidarité et l’humanité d’un peuple, et elles seules, permettront la sortie d’une mouise qui sévit depuis tellement d’années.

Ce n’est pas d’hier que notre syndicat CGT des retraités a listé tous les méfaits gouvernementaux, contribué aux rassemblements et à la riposte collective sans jamais se tromper d’adversaire en proposant des mesures conformes aux aspirations de toutes et tous sans distinction. Son appel à la manifestation de ce 31 janvier doit être largement entendu et suivi pour ajouter au socle des revendications, celles plus spécifiques au « troisième âge » notamment, ce terrain solide et tellement indispensable pour gagner. JF

Chaumont - 22 janvier 2019

Acte XII des Gilets jaunes

Solidarité et convergences

Richard Vaillant - 3 février 2019

Une semaine sociale faite de contrastes avec d’un côté le rassemblement  unitaire des organisations de retraités, 400 manifestants à Saint-Dizier, plus de 200 à Chaumont, une belle mobilisation, un peu gênée par les chutes de neige des jours précédents. Mais une détermination intacte, une volonté de faire plier le gouvernement. Il faut souligner la participation forte et active des Gilets jaunes aux deux manifestations.

De l’autre côté, les  sempiternelles fanfaronnades et insultes d’un Macron qui se pense sauvé du naufrage par quelques sondages un peu trop tarabiscotés pour être vrais, et même si cela était, pour combien de temps ? Jusqu’à ce que le «Grand débat» se dégonfle comme une baudruche puisqu’il n’a rien à proposer aux doléances des Gilets jaunes pas plus qu’au revendications des retraités. Mépris supplémentaire, alors qu’il parle de dialoguer, il fait adopter une énième loi anti-casseurs proposée par la droite LR, aggravée par Castaner qui fut membre du PS et votée par la majorité LREM, et par madame Abba ? Douce France. Enfin, extrême déshonneur, le Conseil d’État rejette la demande conjointe de la Ligue des droits de l’Homme et de la CGT d’interdire l’usage du flash-ball. Vous vous demandiez à quoi pouvait bien servir ce machin-là. Vous avez la réponse.  Pas à défendre les droits de l’Homme et les libertés publiques.

Les Gilets jaunes se font massacrer et c’est les forces de répression que l’on protège ; en les couvrant, on les autorise de fait, à persévérer et même à en rajouter encore. La justice vient de quitter les Palais de justice pour être livrée pieds et poings liés aux autorités administratives, préfets et police. Un billet d’entrée dans un État policier digne des républiques bananières.. Nous assurons toutes les victimes des violences policières de notre totale solidarité...

Rien d’étonnant donc à ce que les Gilets jaunes aient voulu faire de l’Acte XII une journée nationale de protestation contre la répression et les violences policières. Pari largement réussi.

À Paris, trente Gilets jaunes blessés au cours de manifestations à Bordeaux, Montpellier et Paris ont ouvert le cortège avec pour revendication l’interdiction des armes type LBD et grenades, à l’origine des mutilations des victimes.

À Saint-Dizier, les Gilets jaunes se sont réunis devant la Mairie. À genoux, mains sur la tête, foulards cachant un œil, dans une mise en scène émouvante, ils ont rendu un vibrant hommage à leurs camarades  blessés, éborgnés, mutilés par les grenades de désencerclement et les tirs de flash-ball.

Lors de cette journée de solidarité et de fraternité, les organisateurs ont aussi abordé l’avenir immédiat du mouvement. Ludovic La Paglia, coordinateur départemental, qui avait participé avec ses camarades Gilets jaunes à la manifestation des retraités a appelé à réinvestir les ronds-points et à la convergence avec certains syndicats qui sont d’accord pour  manifester ensemble de façon ponctuelle, car a-t-il ajouté, ensemble, on sera plus fort.

Une démarche que notre syndicat et ses militants ont soutenu depuis le 17 novembre. C’est indispensable si nous voulons faire plier ce gouvernement au service des banques et du CAC40...

ÉDITO

Grand débat et flash-ball...

Richard Vaillant secrétaire du syndicat CGT des retraités de Chaumont

Les sondages nous montrent que le grand débat a du plomb dans l’aile. J’aurais pu, pour imager, écrire une balle LBD dans la poire mais les violences dont sont victimes les gilets jaunes ne prêtent pas au moindre sourire. On éborgne, on matraque, on désencercle, on casse du jaune comme on l’a fait et le fait encore avec les rouges, les verts (voyez à Bure), les immigrés... Une pancarte (photo du JHM), lors du rassemblement anti-violence des gilets jaunes à Saint-Dizier, nous rappelait le massacre de Charonne et ses neuf morts. Tous étaient adhérents à la CGT. On aurait pu aussi avoir une pancarte avec les centaines d’Algériens tués et jetés dans la Seine en 1961. Hier Papon, aujourd’hui Castaner, pas besoin de commentaires. Un gouvernement au service des ultra-riches et des marchands de canon sait-il ce que sont les droits de l’Homme ?

Et pendant ce temps, Macron batifole de grands faux débats en faux grands débats veste tombée, devant un parterre de maires qui n’en peuvent plus d’être enfin aimés et de citoyens bien lisses triés sur le volet. Aspérités s’abstenir. Il monologue devant les élus et dialogue avec lui-même devant les télé-spectateurs. Il se pose les questions auxquelles il condescendra à répondre et retirera de la liste celles qui considérera posées par l’ultra gauche, l’ultra droite ou l’ultra centre. Il va continuer ainsi jusqu’aux élections européennes. Il n’y a pas de raison, les sondages commandités par l’Élysée pour Lui, indiquent qu’il frémit un tout petit peu plus dans le cœur de ses concitoyens. Pas beaucoup, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour un peu d’amour !

Second avantage à ce grand show, on en oublierait presque que, pendant qu’il papillonne, les mauvais coups continuent. Sur les ronds-points, on voit arriver des gens qui nous parlent des mauvaises nouvelles reçues depuis le début d’année, par exemple lorsqu’on va faire les courses et que l’on constate, ticket de caisse à l’appui que Macron et son gouvernement nous ont vraiment pris pour des c... avec la loi-alimentation. Les prix des produits de première nécessité ou de grande consommation ont grimpé en flèche sans que les producteurs aient vu le moindre changement dans leur situation.

Et il y a le scandale de l’APL, une retraitée seule venant nous expliquer qu’elle avait déjà du mal à payer son loyer HLM avec sa retraite de 1000 euros et «qu’on» venait de baisser son APL : 50 euros au lieu de 123 euros par mois. Et cela après la ponction de 5 euros par mois sur les APL en 2018. Et comme pour le racket des retraités, on apprend que  les APL, comme les prestations sociales elles aussi sont désindexées. Elles ne suivront plus l’évolution des prix. Sans aborder ici le scandale de la CSG sur les retraites, les taxes diverses et variées, le prix du fioul du gaz et de l’électricité...

Une chose est sûre, trois mois après le début de leur mouvement, les gilets jaunes ont raison de continuer à lutter. Cette volonté existe aussi pour les syndicats de retraités. Et on a pu constater que l’alchimie entre le rouge et le jaune produisait quelque chose de détonnant...

Continuons donc à nous rassembler, c’est le seul moyen de s’opposer au mépris, à l’arrogance, à l’autoritarisme de Macron et de son gouvernement à la solde du CAC 40 et des banquiers... RV

Le 10 février 2019

LE PRINTEMPS DES RETRAITÉS

Syndicat CGT des retraités de Chaumont

31 janvier, malgré une météo exécrable, 600 retraités (et pas mal de gilets jaunes) ont manifesté à Chaumont et Saint-Dizier pour dire deux ou trois vérités à Macron et à son gouvernement à propos du pouvoir d’achat des pensions.

5 février, la journée nationale d’actions à l’initiative de la CGT, même si elle n’a pas atteint les sommets espérés dans notre département, a été marquée par une belle mobilisation des retraités -à l’appel de notre syndicat- et des gilets jaunes. Avec une convergence balbutiante mais bien réelle des générations entre elles.

Aujourd’hui, face aux grandes manœuvres de Macron, il nous faut prolonger nos actions afin que nos exigences soient prises en compte. Tel est l’enjeu posé aux retraités.

Nos rencontres avec les citoyens retraités ou non dans les quartiers, les villages, sur les marchés sont porteuses d’espoir. C’est au cours de ces centaines de «petits» débats qui valent mille fois mieux que ceux décrétés « grands » par les représentants du CAC 40, que les retraités (mais pas que...) nous ont fait part de leurs doléances : baisse des APL, hausse de la CSG, augmentation des factures d’énergie (électricité, fuel domestique, gaz, carburant), gel des pensions, assèchement ou disparition de services publics comme ceux de la santé ou du transport… À cette liste, il importe d’ajouter les restrictions que va imposer la récente « loi alimentation » dont l’objet est de faire s’envoler les prix de milliers de produits de grande consommation ou de première nécessité.

Notre syndicat n’a eu de cesse d’informer et d’alerter et de prendre toute sa place dans l’organisation de manifestations ou la collecte de milliers de signatures à l’entrée des grands magasins, dans les quartiers ou villages. Bien avant le 17 novembre d’ailleurs, il lançait sa pétition  contre la hausse du fioul, du gaz et des carburants qui a recueilli près de 170 000 soutiens en quelques semaines.

Ce qui a été fait n’est pourtant pas encore suffisant pour que soient satisfaites les revendications qui montent de partout. Au mécontentement de millions de gens, à leur colère, le gouvernement de M. Macron entend jouer la montre et la diversion en même temps qu’il réprime, fait peur et divise.

Sortir des impasses dans lesquelles ce pouvoir veut conduire l’ensemble des salariés et des retraités suppose la rencontre et le développement des luttes, mais aussi le renforcement d’une base syndicale comme la nôtre.

N’oublions pas que les grandes avancées sociales n’ont été possibles que dans l’unité syndicale avec une CGT autrement plus forte !  Ce qui nous fait dire aujourd’hui que l’on peut, à la fois, être jaune de colère et rouge d’espoir.

La CGT avec FO, Solidaires et les organisations étudiantes et lycéennes ont arrêté le principe d’une nouvelle journée d’actions le 19 mars. (communique-19_mars 2019.pdf) C’est dans cette période que le président de la République et son gouvernement vont clore les « débats publics ». Il s’agira pour nous de rappeler les revendications du monde du travail, à commencer par celles des retraités.

Enfin, le groupe des 9 organisations de retraités appelle à une nouvelle journée nationale d’actions le 11 avril, dans tout le pays, pour « un printemps des retraités ». Cette mobilisation sera précédée d’une série d’initiatives visant à sensibiliser et à mobiliser les retraités. C’est notamment le cas pour le 28 février où les 9 appellent à converger avec les salariés des EHPAD, pour exiger les moyens d’une prise en charge des personnes âgées, digne.

Des luttes en perspective. Allons à la rencontre des retraités, de tous les citoyens, du mouvement des gilets jaunes. Rassemblons-nous. L’unité est indispensable pour lutter et pour gagner.

Petits débats, grandes manœuvres...

Richard Vaillant, secrétaire du syndicat CGT des retraités de Chaumont

On peut lire sur le net cette phrase qui mériterait de figurer dans le grand livre des dictons : un président qui a besoin d’un débat pour comprendre ce qui ne va pas dans le pays est sans doute atteint de surdité ou tout simplement de mauvaise foi...

C’est bien envoyé et c’est bien vrai, comme disait la mère Denis. Ce qui fait débat dans le grand débat, c’est le grand débat lui-même. Personne ne l’a voulu sinon Macron qui, en débattant ici avec des maires, là avec quelques personnes triées sur le volet n’avait qu’un souci en tête, court-circuiter un mouvement social en passe de rassembler Gilets jaunes, associations et syndicats et mettre le boisseau sur les doléances des uns ou les revendications des autres. Virevoltant de ville en ville, parlant tant qu’on ne l’écoutait plus, il a donc passé son temps à nous dire de quoi il ne voulait pas qu’on parle et que seules étaient dignes d’intérêt les idées que LUI avait sur tout ou sur rien.

Les commentateurs avisés ont pu remarquer qu’il était plus soucieux de son image, des sondages, du résultat de son parti aux Européennes que de l’avenir du pays. Certains ont même analysé ses prestations comme un remake de l’élection présidentielle de 2017.

L’histoire ne se répète pas ou alors comme une farce, disait Karl Marx et il semble bien que l’on s’achemine vers une bouffonnerie dont on a eu un bref aperçu avec ce spectacle affligeant d’un président saluant un SDF discrètement, mais avec quelques photographes tout de même, alors qu’il venait de baisser les aides aux centres d’hébergement... Il avait déjà dit un grand merci aux retraités alors qu’il leur augmentait la CSG de 25% !

L’omniprésence de Macron sur nos écrans produira-t-elle l’effet escompté ou sera-t-elle contreproductive ? On le saura bientôt. Le grand débat touche à sa fin et avec l’examen des doléances nous allons savoir si, passé le moulin à paroles, il y aura du grain à moudre, bien que nous ayons déjà eu un brin de réponse du Premier ministre qui nous promet un risque déceptif (Sic).

Pour guérir ce risque déceptif, rien de mieux qu’un bon espoir revendicatif. Le mouvement des Gilets jaunes se poursuit avec une détermination qui ne se dément pas. La CGT, FO, Solidaires, l'UNEF et l'UNL appellent à une journée d’actions le 19 mars et les 9 syndicats de retraités préparent « Un printemps des retraité-e-s » avec une journée particulière de manifestations dans tout le pays le 11 avril. Le temps du débat stérile fait place au temps du combat utile. Nécessaire... R.V.

12 mars 2019

édito

Le feu dans la maison

Richard Vaillant secrétaire du syndicat

Pour nous mener tout droit à la société despotique dont rêve Macron, tout est bon,. Provocations, diversions, intimidations, utilisation des « casseurs » pour justifier l’injustifiable dans ce pays, qui fut, en des temps meilleurs, la patrie de Victor Hugo et de Louise Michel. Avant l’acte 19, on parle d’état d’urgence, et on fait venir les militaires de l’opération Sentinelle qui fut mise en place pour « faire face à la menace terroriste ». Assimiler les Gilets jaunes à des terroristes pour bien enfoncer le clou dans la tête de ceux qui ont un peu tremblé devant les images de la télé, voilà sans doute l’objectif de cette chienlit macronienne...

Castaner accuse « la hiérarchie » de la police de « graves dysfonctionnements » et annonce toute honte bue que les forces de l’ordre iraient désormais « au contact » des attroupements, c’est-à-dire « physiquement à la dispersion ». Un appel à la violence... Le tour est joué ?

Et, si cela tout n’était en fait qu’une mise en scène, infâme et meurtrière concédons-le, mais une mise en scène tout de même, d’un pouvoir aux abois qui veut faire oublier que le grand débat n’était qu’un rideau de fumée pour faire diversion face aux doléances qui montaient des ronds-points et des revendications syndicales portées dans l’unité comme le 19 mars dernier.

Le « grand » débat pour faire oublier que notre pays compte parmi les plus inégalitaires d’Europe, que le chômage s’amplifie, qu’il y a de plus en plus de pauvres, que les riches s’enrichissent sur la misère du peuple. Et que l’on pressure les retraités de toutes parts...

Et que, lorsqu’on regarde le Fouquet’s en flammes, on oublierait que l’incendie qu’il faut éteindre, c’est celui que Macron a provoqué en France, aux plans social, économique, écologique et démocratique...

Nous exagérons ? C’est à voir. Lisons la déclaration du syndicat Unsa-Police : "Les policiers et les forces de l'ordre n'interviennent que sur ordre. Donc quand on est en manifestation, quand devant nous à 50-100 mètres, des casseurs sont en train de tout casser, les policiers se disent "Pourquoi on n'intervient pas ?" Parce qu'ils n'ont pas les ordres d'intervenir, ça il faut que la population le sache". Fin de citation... Cela signifie que si l’on a vu le Fouquet’s en flammes, c’est que Macron et Castaner voulaient qu’on le voie...

La riposte la plus appropriée face à ces grands calculateurs qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est la lutte, l’action massive, l’action unie, qui rassemblerait dans une même rue ou sur un même rond-point tous ceux qui ont envie que ça change.

Une belle pancarte a fleuri un peu partout ces derniers mois : « Fin du monde, fin du mois : même coupables, même combat ». L’idée fait son chemin, à grands pas. Pas étonnant que cela provoque un tel prurit chez les nantis... R.V.

23 mars 2019