Édito : Le début de la fin...

par Richard Vaillant, secrétaire du syndicat CGT des retraités de Chaumont

Un an pour découvrir l’ampleur d’une mascarade, c’est peu. On s’étonnera tout de même qu’il y ait eu besoin d’une vidéo amateur et d’une journaliste un peu plus journaliste que les autres pour nous montrer Macron tel qu’en lui-même : arrogant, autoritaire, fanfaron… Cassant comme un enfant gâté ses jouets, tout ce qui peut apporter un peu de bien-être aux femmes et aux hommes de ce pays. Allons, revoyons le Macron candidat. N’était-il pas déjà ainsi, vulgaire garçon de comptoir des banques et du grand capital ?

Un an, c’est très long pour celles et ceux qui ont eu à subir tous ces affronts, ces humiliations, ce sentiment ne plus exister, de se perdre dans l’atmosphère délétère des forts et des puissants.

L’affaire Macron-Benalla remet les idées en place. Elle nous montre une façon de diriger la France que ne renierait pas l’extrême droite. Tous les ingrédients d’une démocratie à bout de souffle sont réunis. Barbouzes, mensonges d’Etat, rôle trouble de certains policiers, enquête parlementaire bloquée par des députés-godillots, télévision qui offre notre temps de cerveau disponible au petit malfrat shampouiné, relooké par l’Elysée, mentant à chaque mot jusqu’à vouloir nous faire prendre son taser pour un sucre d’orge.

De rebondissements en scoops ce que le gouvernement appelait une tempête dans un verre d’eau est bel et bien devenu un scandale d’Etat. Macrongate, a écrit notre syndicat, faisant écho à des titres de la presse étrangère. Cela est proche de la réalité. N’apprend-on pas ces jours-ci que le préfet de police a menti, s’est parjuré devant la commission d’enquête parlementaire. Menti à propos de l’identité des deux jeunes passés à tabac le 1er Mai, menti à propos de ses rapports avec Benalla, le séide de l’élysée.
Comme le rappelle fort justement Hervé Kempf (Site Reporterre) « Si Benalla avait été un vrai policier, tout le monde aurait trouvé “normal” qu’il tape sur des manifestants non violents…. Il n’est pas reproché au mercenaire de M. Macron d’avoir frappé, mais qu’il l’ait fait sans être vraiment policier… On mesure par là à quel point la banalisation de la violence policière a gangrené l’esprit public.» »

C’est ce monde que nous refusons. Un monde où la violence aveugle s’acharne contre les démunis, les plus faibles et où les attaques sociales se conjuguent avec les violences d’Etat…

Est-ce qu’en disant cela on s’’éloigne des préoccupations syndicales ? Je ne le crois pas. Ce scandale ajoute de l’indignation à la colère des retraités plus révoltés que jamais. Il y a aussi et c’est peut-être encore plus grave, comme un sentiment de honte. La honte de voir siéger à la magistrature suprême un personnage si trouble et si rétrograde.

L’activité que va déployer notre syndicat en cet été et à la rentrée de septembre sera à la mesure des infamies macroniennes. On nous verra donc à la porte des grandes surfaces, sur les marchés, dans les villages. Avec pour seule arme nos revendications et pour seule boussole la fraternité et la solidarité… R.V.

10 août 2018

Macron déclare la guerre aux retraités !

Richard Vaillant secrétaire du syndicat

Dans un article intitulé la « quadrature du cercle budgétaire », le Canard Enchaîné de cette semaine résume l’état de la France macronienne en cette rentrée : quel est le pays qui affiche le plus faible taux de croissance -à peine 0,2% au second trimestre- ? La France. Quel est le pays d’Europe qui bat tous les records en matière de déficit commercial et de balance des paiement ? Encore la France. Quel est le pays d’Europe qui affiche le taux d’inflation le plus élevé, soit 2,3% sur un an ? Toujours la France.

Peut-il en être autrement ? Filer un « pognon de dingue » aux plus riches pour qu’ils puissent continuer à s’enrichir et à spéculer n’a jamais créé le moindre frémissement sur le front de l’emploi. Rançonner les salariés, les chômeurs et les retraités comme le Premier ministre du président des riches envisage de le faire (interview au JDD) en baissant les APL, les allocations familiales et le pouvoir d’achat des pensions, ne peut que mener des millions de personnes au bord de la détresse et de la misère et entraîner le pays dans une spirale destructrice aux plans économique et social.

Notons qu’Edouard Philippe est moins bavard pour évoquer l’affaire Macron-Benalla, pourtant l’un des plus grands scandales de la Ve République. (Voir l’article « Sondages » page 3)

Les retraités sont vraiment dans ligne de mire de Macron. CSG, réversion et maintenant cette annonce d’un 0.3% de revalorisation alors que l’inflation est de 2,3%, c’est une véritable provocation qui appelle une réponse cinglante. La Une de notre magazine (voir ci-contre) qui a fait le buzz, avait en quelque sorte anticipé ce qu’allait nous concocter le commis-voyageur de la banque Rothschild en cette rentrée. Retraités je vais vous saigner, avec un Macron, plus vrai que nature, rictus de vampire, doigt pointé vers ses futures victimes. Mais il est hors de question de se laisser saigner. Si Macron veut la baston, il va la trouver, les retraités y sont prêts !

Le 9 octobre, une action unitaire avec 8 autres organisations est en  préparation, mais auparavant le 4 septembre, le syndicat des retraités de Chaumont et l’Usr-CGT 52 ont décidé de montrer qu’ils sont là debout, bien décidés à ne pas se laisser faire.

Venez nous rejoindre, Place de la Mairie à 11H45 pour faire du bruit et que cela s’entende jusqu’à l’élysée et à Matignon.  R.V.

Le 2 septembre 2018

Au bonheur des riches (1)

édito de Richard Vaillant secrétaire du syndicat (paru dans le Journal du syndicat N°114)

Si l’on en croit les sondages qui refleurissent à chaque rentrée, Macron a perdu tout crédit, ce qui, pour un fondé de pouvoir de banque, est une faute lourde !

Pourtant, en regardant dans le rétro, deux mois avant, tout allait bien, les Bleus étaient champions du monde et on nous disait que Jupiter était leur coach. Le pouvoir se croyait au zénith, pourtant il pataugeait déjà dans la fange de l’affaire Benalla - il y est encore- et la situation sociale est explosive : le mécontentement gagne toute la société, et les retraités sont dans une colère noire. Après la hausse de la CSG, les menaces sur la réversion, on leur annonce qu’il n’y aura pas de revalorisation des pensions en 2018 et qu’elles n’augmenteront que de 0,3% en 2019 alors que l’inflation est prévue au dessus de 2%. Évoquons aussi les hausses de l’électricité, du fioul, des carburants, du gaz et des produits alimentaires...

On pense, alors, en avoir fait le tour. Eh bien non ! Le prélèvement à la source qui causait questions et inquiétudes chez de nombreux retraités vient de se transformer en véritable cauchemar suite à l’article du Canard Enchaîné annonçant que les 14 millions de retraités du privé seraient prélevés dès décembre 2018. C’est la façon Macron de nous souhaiter un joyeux Noël après le merci pour la CSG. L’info est-elle vraie ? Nous cherchons à le savoir, mais le Canard n’est pas adepte des fake news.

Enfin Macron, fidèle à ses habitudes de petit autocrate, s’occupe de tout, plan plan et rantanplan : pauvreté, santé et demain financement de la Sécurité sociale. Tous ces plans sont marqués du sceau de l’infamante politique ultralibérale. Il ne s’agit pas de faire du social, mais de veiller à la rentabilité financière. C’est vrai pour le plan pauvreté avec la volonté de « repenser les minima sociaux » qui sonne comme une agression contre ceux pour qui chaque jour est une fin de mois, c’est vrai aussi pour le plan santé. Les salariés du secteur hospitalier ont résumé cela de belle manière en donnant à leur ministre, Buzyn... le joli surnom de Buzyness !

Comme le signale fort justement Médiapart : « ... les efforts, les annonces et les promesses de financement ont été concentrés sur la médecine libérale non hospitalière, dite “médecine de ville”, au détriment de l’hôpital ».

Cent milliards pour les riches, des miettes pour les autres, salariés, privés d’emploi et retraités. Retraités qui ont décidé de ne plus s’en laisser compter. Le 9 octobre, ils seront dans la rue, la rage au cœur, la rage d’être insultés, déconsidérés, offensés par un pouvoir qui ne vit que pour réaliser le bonheur des riches. R.V.

20 septembre 2018

Derniers éditos

Au bonheur des riches (2)

Par Richard Vaillant secrétaire du syndicat

Dans son billet d’humeur du journal L’Humanité, Maurice Ulrich commente le dernier rapport statistique de l’Insee qui indique que le pouvoir d’achat en France est en hausse de 0,7%. Bigre !  Alors, s’interroge l’éditorialiste : « On se raconte des histoires. Combien  s’imaginent que le pouvoir d’achat est en baisse. Et la CSG... Et le point d’indice des fonctionnaires...»

Quelques lignes plus loin, ouf, on apprend le fin mot de l’histoire. Cette hausse, nous dit l’Insee, c’est « grâce » aux 350 000 foyers qui ne payent plus l’ISF. La France (des riches) a donc vu son pouvoir d’achat augmenter. Pour les salariés, les retraités et les chômeurs, c’est une autre paire de manches !

Voilà une news que les macronistes, madame Abba en tête, ne vont pas manquer d’utiliser. Il faut dire qu’ils ont une tendance -très lourde- à confondre profits et progrès social.

L’Insee nous rappelle donc ce qu’on ne cesse de rabâcher depuis des années : les riches s’enrichissent dans une France qui dépérit économiquement et socialement. Quant aux conséquences que cette fausse-vraie nouvelle risque d’avoir chez les Français, rassurons-nous. L’enfumage auquel se livre Macron semble ne plus rencontrer beaucoup d’échos. Sondage après sondage, c’est la dégringolade et il a beau gesticuler, pérorer et lancer ses ministres et députés godillots à l’assaut de l’opinion publique, rien n’y fait. Le summum du mépris et de la nullité a été atteint avec le plan pauvreté. Un banquier parlant d’un plan pauvreté... Pas besoin d’épiloguer.

Le 9 octobre, les retraités, dans l’unité ont décidé de faire leur manifestation, non pas pour se singulariser ou s’opposer aux actifs, ils sauront être là, comme d’habitude, à l’heure de la manif des salariés. Mais une manif particulière, car les retraités sont, depuis le début, dans le collimateur de Macron qui veut continuer à les rançonner. Les retraités vont donc ensemble crier leur refus d’une telle politique. Le 9 octobre, un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les retraités !   R.V.

1er octobre 2018

Naufrage

par Richard Vaillant, secrétaire du Syndicat

On attendait le président de la République et c’est Macron qui est venu.

Quand tout va mal, que les ministres se sauvent comme les rats d’un navire en perdition, que l’argent des pauvres coule à flots dans les coffres des riches, que les hôpitaux et les services publics meurent du cancer de l’austérité, que les retraités sont au bord de la révolte, il est de bon ton, dans l’Olympe du pouvoir, d’aller à l’ombre de la Croix de Lorraine faire une génuflexion et tenter de regagner quelques pourcentages de notoriété. Pas sûr que cela soit gagné avec cette visite. Utiliser Colombey pour une opération com’ est scabreux. On risque la comparaison.

Bain de foule, dit la presse. Combien étaient-ils pour ce bain ? On parle de deux cents personnes triées sur le volet, élus locaux, élèves, étudiants et retraités. Pour parler bain de foule, il n’y a pas photo entre le grand Charles et Macron le petit. Les Haut-Marnais se souviennent encore du général en ses terres, remontant la rue Victoire de la Marne noire de monde. Quoiqu’on ait pu penser de sa politique, la voix de radio-Londres résonne encore à nos oreilles et à nos cœurs. Que dirons-nous demain des persiflages du fondé de pouvoir de la banque Rothschild ?

M. Macron joue l’attendrissement lorsqu’il fait risette, hier à Trump, aujourd’hui aux enfants des écoles de la Haute-Marne pour nous faire avaler les couleuvres de la réforme des retraites et celle des institutions. Mais les guili-guili, ça ne marche plus avec les retraités, et son périple haut-marnais n’a pas été de tout repos...

Manifestement remontés, assurément en colère, les retraités nous ont révélé le vrai visage du président des riches. Entre mépris, hargne et bêtisier de l’année. « la France se porterait autrement  si les Français se plaignaient moins et réalisaient leur chance de vivre dans ce pays »Se taire, les Français, lorsqu’on détruit les services publics, qu’on ponctionne les pensions et qu’on saigne les retraités ? Et, à une retraitée qui se plaignait de n’avoir que 600 euros de pension, de glisser dans sa démonstration ce constat, agacé : « Le Français ne voit que ce qu’on lui enlève ». Pensez donc, 600 euros, à peine plus que le prix d’une des assiettes en porcelaine de Sèvres achetées par  l’Élysée...

Si cette rencontre avec les retraités ne lui a pas suffi pour connaître l’état d’esprit de ceux qui ont travaillé plus de quarante ans et à qui on annonce qu’ils peuvent se serrer la ceinture pour les quatre ans à venir, alors nous nous plaindrons encore plus fort mardi 9 octobre en nous rassemblant, dans l’unité, au Boulingrin à Chaumont, à 15 heures.

De Gaulle a déclaré, paraît-il, que la « vieillesse était un naufrage ». Macron à Colombey, nous a prouvé que la jeunesse, parfois, pouvait l’être aussi. RV

1er octobre 2018

Noir et espoir

Richard Vaillant, secrétaire du syndicat CGT des retraités de Chaumont

Lundi noir. On se réveille, le Brésil a sombré dans  la barbarie. Le fasciste Bolsonaro succède à Temer, celui-là même qui lui avait déroulé le tapis rouge. Bolsonaro qui a promis aux opposants "la prison ou l'exil". Beau programme politique qui sied à merveille aux multinationales et à Trump. Normal, ce sont eux qui ont écrit le scénario, choisi les protagonistes, personnages répugnants prêts à répandre le sang et le malheur...

Mais il faut vite reprendre ses esprits. Ici aussi il se passe des choses propices à conduire vers le chaos... Taper et taper encore sur les plus pauvres pour donner aux plus riches, réduire l’espace des libertés publiques, détruire les solidarités et les services publics c’est la marque des sociétés autoritaires. Redisons-le avec force, moins de services publics, c’est moins de démocratie, c’est moins de République...

Lundi noir. On se réveille et les députés godillots on voté la désindexation des pensions. Cela signifie qu’ils -et elles, on n’oublie pas Abba- ont coupé le cordon entre la hausse des prix et celle des pensions.  0,3% d’augmentation prévue alors que l’inflation va dépasser les 2%, le calcul est vite fait. 

Si vous touchez une retraite de 800€, entre la hausse des prix (+2,1%) et la revalorisation (+0,3%), votre pouvoir d’achat perd 14€ par mois, 173€ pour un an.  Pour une retraite de 1500€, vous perdrez 27€ par mois. 324€ pour une année. Et cela, c’est pour 2019. Rappelons qu’en 2018, il n’y a pas de revalorisation.

Enfin il y a la hausse vertigineuse du prix du fioul, du gaz et des carburants et les difficultés rencontrées par les retraités, salariés ou chômeurs qui se chauffent au fioul ou au gaz, qui doivent prendre leur voiture pour aller au travail, faire leur courses ou consulter leur médecin.

Lundi espoir. La pétition que nous avons mise en ligne est à la mesure de la colère qui enfle dans le pays. De partout, ça grogne et les retraités ne sont pas les derniers à lutter et à pétitionner.  Dans nos rencontres, les propos pour qualifier l’attitude de Macron et de ses sbires sont parfois si crus qu’il n’est décemment pas possible de les reproduire ici...

Ce qui domine dans le pays, c’est une forte envie d’en découdre avec ce pouvoir de nantis aux ordres du CAC 40 et des banques.

Le 5 novembre, les 9 organisations de retraités se réunissent pour donner suite aux journées des 3, 9 et 18 octobre. Pouvoir d’achat, CSG, sécu,  fioul, gaz, carburants, autant de sujets de mécontentement, autant de raisons de se rassembler et de lutter... R.V.

Lundi 29 octobre 2018

A propos de la journée du 17 novembre, lire le communiqué de la CGT