Communiqué de la CGT

Réforme territoriale

13 Régions : pourquoi faire ?

L’Assemblée nationale a voté, mercredi 19 novembre, en seconde lecture, l’article 1 du projet de loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral, dont le vote final aura lieu le 25 novembre.
Avec ce vote, après de longs débats, les députés découpent la France métropolitaine en 13 régions par fusion de régions.

Les nombreuses cartes des nouvelles régions proposées, votées, supprimées, revotées, les débats vifs entre élus sur les périmètres régionaux confirment, si besoin était, l’absence de projets de territoire, donnant du sens au quotidien des citoyens, permettant d’assurer un avenir individuel, donnant une identité collective ; l’absence de perspectives de développement équilibré.
Ce nouveau puzzle institutionnel va au contraire accroître la perte de repères, de sens, accroître les inégalités dans notre société qui se délite déjà fortement.

Ce découpage, centré sur les métropoles et pôles d’excellence, appuyé sur des raisons économiques et financières visant à placer la France et les régions dans la compétition européenne dans le cadre d’une politique d’austérité - politique de l’offre et réduction des dépenses publiques - n’apporte pas de solutions à la crise actuelle. Il ne répond pas aux besoins de la population. Il met les territoires en concurrence quand il faudrait plus de coopération. Il ne vise au final qu’à servir les intérêts des grandes entreprises et du capital.

L’impact concret de ce remodelage institutionnel – fusion des régions, affaiblissement ou/et disparition des départements, regroupement des intercommunalités, métropoles – couplé avec une nouvelle répartition des compétences des collectivités territoriales et la réforme de l’Etat, reste à mesurer pour les territoires et pour la vie quotidienne des citoyens. Contrairement à la politique gouvernementale, cela demande la mise en œuvre de nombreuses politiques publiques, le développement des services publics et une vraie politique de réindustrialisation de notre pays, pour un aménagement du territoire répondant aux besoins sociaux et économiques.

L’absence de tout débat public citoyen marque cette réforme, touchant pourtant la vie quotidienne des populations. Nous condamnons ce déni de démocratie.

La CGT confirme que cette réforme ne répond aucunement aux urgences de la situation de notre pays, qu’elle n’est acceptable ni sur la forme ni sur le fond.

Montreuil, le 20 novembre 2014


Consulter le site du gouvernement :

http://www.gouvernement.fr/action/la-reforme-territoriale


Petite Haute-Marne

et grandes régions


édito paru dans le Journal du                                                                                        Syndicat des retraités CGT de Chaumont le 27 novembre 2014


Picardie-Champagne-Ardenne ou Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne? Ou encore, surenchère de certains haut-marnais, Grand-Est avec Bourgogne-Franche-Comté-Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne ?

C'est tranché depuis le 25 novembre. Ce sera Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne. Sans que cela semble réjouir qui que ce soit. Surtout si l'on regarde du côté de la Haute-Marne.

Notre département est celui qui se dépeuple le plus en France, triste médaille d’or. Premier département sidérurgique au XIXème siècle, il comptait 260 000 habitants (France environ 40 millions), au 1er janvier 2014 c’est moins de 180 000  (France plus de 66 millions).

Aujourd’hui, 1 champardennais sur 7 est haut-marnais. Ce sera 1 sur 31 avec l’Alsace et la Lorraine.

Est-il besoin de commenter ? On le voit bien, le poids d’un Haut-Marnais déjà faible en Champagne-Ardenne ce sera peanuts dans une région élargie.

Ajouter à cela l’éloignement géographique des métropoles régionales, que ce soit Strasbourg, Reims ou Nancy et la dégringolade de nos principales (mais petites) villes : Chaumont, Saint-Dizier, Langres…

Ne nous y trompons pas ! Le but de la manœuvre, c’est de détricoter l’héritage de la Révolution, laquelle transférait le pouvoir au peuple dans un maillage à échelle humaine “communes, départements, Nation-France” et d’éloigner le citoyen des centres de décisions dans une nouvelle organisation ‘’intercommunalités-régions-Europe’’.

Pour quoi faire ?

On nous dit que c’est pour faire des économies, pour être plus compétitifs,  plus modernes,  mieux protéger et mieux servir l’usager. On nous assène à tire-larigot l’exemple de l’Allemagne et de ses länder.

En fait, les objectifs, qu’on veut nous camoufler, c’est le transfert d’encore plus de pouvoir vers l’Europe technocratique, c’est la mise en compétition des régions, c’est l’ouverture de l’ensemble du territoire au libre-marché, terrain de jeu de la « finance ». Le système capitaliste n’a de cesse de muter pour s’adapter et survivre à ses propres crises et effets destructeurs.

Avec la réforme territoriale, fi des hommes, fi des libertés, fi des principes de solidarité et d’égalité sur l’ensemble du territoire national.

La décentralisation des pouvoirs et des compétences voulue par les gouvernements successifs et par cette ‘’Europe’’ vers les grandes régions c’est, demain, avec la disparition des services publics nationaux bradés ‘’à la découpe’’ (chaque région prendra le relais à sa convenance, c’est-à-dire le plus souvent de manière minimaliste pour l’usager) un impact politique, économique, écologique social, culturel… sur notre vie de tous les jours que l’on ne mesure sans doute pas encore.


De tels enjeux peuvent-ils être décidés sur un coin de table, fût-elle celle du Président de la République et sous la férule de Bruxelles ?

Cette manière de faire augure bien de leur volonté de continuer à passer en force.

La réforme territoriale concerne tous les Français qui, pour différentes raisons, y sont majoritairement opposés malgré le matraquage des économistes ‘’chiens de garde’’.

Le bon sens, la bonne politique, une véritable démocratie participative n’auraient-ils pas voulu que les citoyens, premiers concernés, soient informés sur le fond et consultés directement ? g


Jean-Paul Dupont