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Réforme des retraites :  la mécanique mise à nu

Après l’annonce faite par Delevoye, jeudi 18 juillet, le brouillard enveloppant la « réforme » des retraites s’est dissipé : le droit à la pension et son montant seraient ainsi cadenassés grâce à trois mécanismes, appelés « variables d’ajustement », qui pourront être actionnés selon la « conjoncture » ou au gré des objectifs du gouvernement. Ces mécanismes sont en fait de véritables verrous.

En premier lieu, tout « récalcitrant » qui voudra rester sur la case 62, âge pourtant légal, sera puni : une décote lui sera alors infligée s’il ne se rend pas au numéro 64. Il suffira donc de repousser cet âge légal et/ou d’augmenter le taux de la décote pour que le montant des pensions soit revu à la baisse. 

Le second mécanisme a pour fonction de comparer la masse de ces dernières : elle ne pourra excéder 13,5% du produit intérieur brut (le PIB est le total des richesses créées par le travail). Comme le nombre de retraités est appelé à grandir, le résultat ne se fera pas attendre : la pension diminuera une fois de plus.

Il reste le troisième mécanisme, aussi lourd de conséquences : la valeur du « point ». Celle-ci sera fixée par le président et elle ne pourra jamais être revue à la hausse puisqu’elle ferait alors grossir la masse des pensions, ce que le projet Delevoye interdit. Cette valeur est d’ailleurs le machin le plus pratique qui pourra être manipulé à souhait. 

Voici d’ailleurs ce que François Fillon déclarait à ce sujet aux patrons en 2016 : «  Le système par points, ça permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue. Cela permet de diminuer chaque année la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. » Qui taxera de cégétiste l’ex-Premier ministre ?

Macron claironne qu’il faut en finir avec les 43 régimes de retraite au nom d’une « égalité » dont tout montre qu’elle va dans le sens de la diminution générale du montant des pensions : en gommant les 25 meilleures années, ce sont les périodes de vaches maigres comme celles des carrières courtes ou hachées qui entreront dans le calcul.

Le président des riches ne veut plus de régimes spéciaux. Ah bon ? Mais alors, pourquoi Delevoye est-il muet sur celui des militaires, donc des CRS, ou des parlementaires ? Seraient-ils épargnés comme il se chuchote dans les hautes sphères ?

Ce n’est pas l’aspect le plus insolent de la « réforme » qui apparaît ici mais cette cinglante vérité : Macron sert d’abord sa caste, protège les siens, quand c’est une gifle magistrale qu’il claque à la face de tous les autres.

Laisserons-nous faire ce jeu de dupes conduisant au massacre quand d’autres solutions peuvent être mises en œuvre ?

Jack Formet -9 août 2019

Lire sur le site de la CGT : https://www.cgt.fr/actualites/france/retraite/legislation/retraite-la-bataille-reste-venir

Tous perdants !

Calculez votre future retraite par points

C’est le sujet tabou du rapport Delevoye : la baisse des pensions de retraite que va provoquer la réforme Macron. Pour chaque travailleur, il est difficile de savoir à quoi s’en tenir, c’est pourquoi la CGT a créé un simulateur de calcul en ligne pour connaître les effets de la réforme des retraites Macron, avec la fin du système par branches et par répartition et l’instauration d’un régime unique par points.  Site : https://retraites.cgt.fr/


Réforme des retraites  Le 4éme verrou

Dans notre dernier journal (N°157), nous écrivions, à propos de la « réforme » des retraites, que Macron venait de mettre en place trois verrous. Il vient de poser le quatrième et c’est de Bormes-les-Mimosas qu’il en a fait l’annonce.

Ainsi, une partie seulement du montant des pensions serait prise en compte pour le calcul des « points ». Quant au reste se situant au-delà d’un certain plafond, fixé par le gouvernement, il appartiendra à chacun, s’il le peut, de le « confier » au financement et à l’appétit de l’assurance privée. Autrement dit, des fonds de pensions

L’idée selon laquelle cette mesure, comme toutes les autres d’ailleurs, ne toucherait que les personnes en activité est malheureusement trop répandue. Elle a pour effet de retarder la nécessaire prise de conscience des dangers que représente la « réforme », mais aussi d’enfoncer le coin séparant les salariés et les retraités d’aujourd’hui.

Alors que la tenue de prochaines “concertations” entre “partenaires  sociaux” est clamée haut et fort, les rencontres prévues par le pouvoir sont perçues comme une grotesque farce du fait que tout est d’ores et déjà ficelé.

Seule une mobilisation citoyenne de grande ampleur peut venir à bout d’une immense fumisterie dont l’objectif réel inavoué, est le transfert de la masse des pensions au privé. Premiers rendez-vous de cette riposte les 30 août et 2 septembre. En attendant les actions nationales

Jack Formet