la une      actualités       syndicat     dossiers     international     savoir     liens

Grève à Maine de Biran

Psychiatrie : Quand l'administration tue le service public

Dans l'imagerie populaire, l'administration est un machin insondable, fonctionnant selon des règles obscures et compliquant à plaisir les démarches des citoyens, dans un seul but apparent : paralyser la société. Sur la foi de ce fantasme, certains voudraient faire croire qu'il suffit de «dégraisser le mammouth» pour qu'il fonctionne mieux.

«Supprimons des fonctionnaires, disent en chœur libéraux et populistes. Et notre pays, libéré de ses chaînes, prendra enfin son essor !».

La réalité est tout autre. Un bel exemple nous est donné cette semaine dans le monde très structuré de la psychiatrie.

Une grève a été lancée au sein du Centre Hospitalier de Haute-Marne par les syndicats CGT et FO, suite à l'annonce de suppressions de postes. Et c'est à l'occasion d'un rassemblement devant Maine de Biran vendredi dernier, soutenu par le syndicat des retraités CGT de Chaumont, que les agents nous ont appris les dérives déjà très dommageables d'une logique purement gestionnaire.

La rémunération à l'acte, qui tue l'hôpital public général, est arrivée en psychiatrie. Ajoutée à de nouveaux impératifs de certification, elle oblige les soignants à passer beaucoup trop de temps devant des écrans pour montrer qu'ils suivent bien tous les protocoles prévus et justifier leurs moindres faits et gestes. Le temps manque alors pour s'occuper pleinement des patients.

Parallèlement, les impératifs budgétaires font que les agents absents sont de moins en moins remplacés. Et la surcharge de travail qui s'ensuit, engendre forcément des arrêts maladie.

Mais moins il y a de soignants, plus ceux-ci passent de temps à noter sur un ordinateur ce qu'ils sont censés faire pour s'occuper de tous les patients. Et personne n'y trouve son compte... sauf la direction des hôpitaux qui dépense de moins en moins et peut présenter des documents lui permettant de faire bien noter ses établissements. Ce qui autorise le ministère à annoncer de nouvelles suppressions de postes...

En fait, contrairement à une idée généralement reçue, c'est bien en embauchant des fonctionnaires qu'on peut lutter contre les dérives de l'administration et rendre effectivement le service que la population est en droit d'attendre.

Elté