Mais pourquoi les retraités CGT ?

Le combat contre la suppression du centre de tri de Chaumont est porté jusqu'à présent par le syndicat des retraités CGT de Chaumont-Langres, qui a distribué des tracts, mis en place une manifestation devant les locaux du

SDED52 et organisé une réunion à l'Espace Bouchardon. Il projette d'ailleurs d'autres réunions et propose un boycott.

Mais pourquoi lui ?

On peut répondre qu'il est sur tous les fronts dès qu 'une atteinte est portée aux services publics. Sa principale logique étant que les retraités sont souvent les premiers pénalisés par le retrait des services de proximité. L'obligation d’apport volontaire vers des points de collecte prenant le pas sur le ramassage à domicile en est un exemple.

Mais pour le cas présent on sent bien que sa motivation tient beaucoup (pour ne pas dire essentiellement) à la suppression d’une trentaine d'emplois locaux. Emplois qui étaient dévolus pour la plupart à des personnes peu qualifiées, lesquelles auront bien du mal à se reclasser.

La vraie réponse en réalité, c’est que les retraités se sont saisis du dossier parce que personne d’autre ne l'a fait.

On se demande pourquoi aucun syndicat d'actifs n'est monté au créneau pour défendre l'emploi. On se demande aussi pourquoi les élus sensibles aux questions écologiques, économiques et sociales n'ont pas vraiment tenté de mobiliser les citoyens contre les aspects néfastes de l'opération.

Finalement, seuls deux membres des «Insoumis» sont venus s’exprimer lors de la réunion de jeudi dernier. D'autres partis ne se sentent-ils donc pas concernés?

A dire vrai, les retraités CGT ne seraient pas fâchés si d'autres syndicats , au moins , venaient porter aussi le combat.

D'aucuns pensent certainement que se battre ne servira à rien. Mais les retraités, qui eux ne sont pas blasés, entendent aller au bout. Et même s'ils n'obtiennent pas gain de cause dans l'immédiat, il leur restera au moins le sentiment d’avoir travaillé pour l'avenir. Ce qui se résume par : «Il faut montrer aux élus que chaque fois qu'ils participeront à l'abandon d'une partie de la vie locale, il y aura du monde en face» . LT

Article paru dans l’Affranchi le 10 février 2018