Pierre Semard



Pierre Semard est né le 15 février 1887 à Bragny-sur-Saône (Saône-et-Loire). Il a été fusillé le 7 mars 1942 à la prison d'Évreux (Eure). Il a été secrétaire général de la Fédération des cheminots, de 1922 à 1939, et secrétaire général du Parti communiste de 1924 à 1928.

Le nom de Semard est devenu, après 1945, emblématique de l'action syndicale et patriotique des cheminots. Semard est un des dirigeants ouvriers dont le souvenir a été entretenu durablement, dans les années d'après-guerre. Pourtant, emprisonné de 1940 à 1942, fusillé en 1942, il n’a pas participé, ni connu les actions de sabotages qui se sont amplifiées dans les années 1943 et 1944. Malgré cela, il demeure un symbole de la lutte pour la liberté et l’indépendance. Beaucoup de rues ou places proches des gares portent son nom aujourd’hui. Dans la Drôme, c’est le cas de Valence, Romans-sur-Isère, Portes-lès-Valence, Montélimar, Pierrelatte, Die, Saint-Uze, notamment.

Pierre Semard passa son enfance dans la campagne bourguignonne. Son père était cantonnier des chemins de fer, et sa mère, garde-barrière. Le jeune garçon, malgré de bons résultats scolaires, dut, sitôt passé son Certificat d'études primaires, quitter sa famille pour aller travailler. Dès 1898 il commença à travailler, dans l'Yonne, puis à Paris où il fut apprenti charcutier, vendeur de journaux, débardeur aux Halles, avant de quitter Paris en 1906. Ensuite, il resta quelques mois dans l'Yonne et à Lyon. Finalement, il se fixa à Valence où il s'engagea, pour trois ans, dans l'armée. Encore militaire, il épousa une jeune Valentinoise, fille d'un marchand de primeurs. Revenu à la vie civile, il passa un examen qui lui permit d'entrer aux chemins de fer comme employé aux écritures.

Après avoir occupé divers postes à Montélimar ou Bagnols-sur-Cèze, il revint, en 1912, à Valence où il entra au secrétariat du chef de gare. C'est dans ce contexte qu'il devint militant syndical. Semard, père de trois enfants, resté à Valence fut, à la fin de 1915, retiré du secrétariat du chef de gare et versé au service des trains, en raison de ses activités syndicales. Au cours de sa vie, il occupa des fonctions et des responsabilités importantes au sein de la CGT puis de la CGTU, sur le plan national. Il a été plusieurs fois révoqué de la SNCF et emprisonné à plusieurs reprises pour ses activités syndicales. Les divisions dans la direction de la CGT s'exacerbèrent avec le Pacte germano-soviétique et la guerre : l'unité du Bureau fédéral vola en éclats lorsque les ex-confédérés décidèrent, le 25 septembre 1939, d'exclure Semard et ses camarades de leurs fonctions dirigeantes. Semard qui avait dû rejoindre son nouveau lieu de travail à Loches invita ses camarades à protester contre cette mesure. Il fut arrêté le 20 octobre et condamné à trois ans de prison. Le 9 mai 1940, il fut révoqué une seconde fois de la SNCF et transféré à Fresnes. Il demanda à bénéficier du régime cellulaire, comme condamné, afin de pouvoir étudier en évitant la promiscuité avec les droits communs. Le 20 mai, il fut évacué à Bourges où il fut incarcéré pendant près de 18 mois. Sa correspondance et la diversité de ses écrits attestent une énergie que la maladie, les brimades et l'isolement n'arrivèrent pas à entamer durablement. Outre des contes bourguignons, un roman antiraciste et un journal de prison, écrits entre l'automne 1940 et l'automne 1941, il entretint une correspondance abondante avec sa femme et ses enfants, notamment sa fille Yvette. Très attentif aux problèmes de sa nombreuse famille, il fut particulièrement affecté par l'arrestation de sa femme, en août 1941, puis de sa fille Yvette, au début de 1942. Il ne cessa de regretter de ne pas voir ses petits-enfants.

Malgré le manque d'information, il analysa la défaite de 1940 en percevant très tôt l'imposture de la révolution nationale et de la collaboration. Les références à la République et au patriotisme sont explicites dans ses écrits dès l'automne 1940. Toujours soucieux d'associer les idées de justice et de liberté, il critiqua longuement, dans ses notes personnelles, le système pénitentiaire français dont il envisageait la réforme. Au début de l'année 1942, Semard, au lieu d'être libéré, fut transféré de Bourges au camp d'internement de Gaillon. À l'occasion de sa halte parisienne, il se rendit au domicile de son fils puis traversa Paris pour reprendre le train, accompagné seulement de deux gendarmes débonnaires. Il attendit en vain, d'après le témoignage de sa fille Yvette, qui l'a rencontré alors, le signal pour s'évader : son souci de la discipline, inséparable des soupçons qui l'avaient tellement affecté lorsqu'il était dirigeant du parti communiste, explique sans doute qu'il n'ait pas saisi alors l'occasion de s'évader.

À Gaillon, Semard fut incarcéré avec les détenus de droit commun et non avec les politiques. Le 6 mars, il fut transféré à la prison d'Évreux où, le lendemain il fut fusillé à la demande des autorités allemandes au titre d'otage. Une lettre de sa main, datée de ce jour, a été retrouvée. Elle était envoyée, pour la réconforter, à sa femme, détenue à la prison de Rennes. Une autre a été adressée au parti communiste : « Chers amis, Une occasion inespérée me permet de vous transmettre mon dernier mot, puisque dans quelques instants je serai fusillé. J'attends la mort avec calme. Je démontrerai à mes bourreaux que les communistes savent mourir en patriotes et en révolutionnaires. Ma dernière pensée est avec vous, camarades de lutte, avec tous les membres de notre Grand Parti ... ». Pierre Semard


Le 7 mars 1945, des obsèques officielles furent organisées par le PCF dont la direction vint monter une garde d'honneur autour du catafalque installé Gare-de-Lyon avant que le cortège funèbre ne s'ébranle vers le cimetière du Père-Lachaise. Les descendants de Pierre Semard vivent dans la Drôme, en particulier à Romans-sur-Isère.


http://museedelaresistanceenligne.org/media1975-Pierre-Semard

PIERRE SEMARD


Le 7 mars 1942, les nazis ont fusillé Pierre Sémard, Secrétaire général de la Fédération des Cheminots, membre de la Commission Administrative de la Confédération Générale du Travail,
Son nom rappelle plus de 30 années entières qu'il a consacrées à la défense des intérêts de la classe ouvrière et du Peuple français, plus de 30 années de lutte et de sacrifices.

Chaque année, le syndicat des Cheminots de Chalindrey et sa section retraités honorent la mémoire de celui qui fut secrétaire général de la Fédération des cheminots CGT de 1922 à 1939.

Deux chansons

Deux chansons évoquent la mémoire, le combat de Pierre Semard et ce qu’il signifie encore aujourd’hui...

La première est de Rémo Gary «On devrait vivre ce que ceux-là voulaient pour nous»


La seconde un texte d’Allain Leprest chanté par Francesca Solleville : «Saint-Pierre Semard»